Alors que nous célébrons la Semaine sainte, qui a débuté avec la Passion du Christ, celle-ci est devenue brutalement d’une réalité actuelle. La souffrance que Jésus a vécue jusqu’à sa mort sur la Croix, les Coptes d’Egypte l’ont également ressentie dans leur âme et dans leur chair. Tout comme les Suédois, où un attentat au camion bélier a fait quatre victimes à la veille du week-end. Cette violence aveugle nous interpelle, nous angoisse aussi. D’où la question qui taraude bon nombre de contemporains: notre monde est-il devenu fou? Il est vrai que, depuis le début du XXIe siècle, les crises diverses, les replis identitaires, la montée du populisme démagogique et le climat anxiogène actuel peuvent nous faire douter de l’avenir.
A la sortie du conflit mondial de 39-45, la planète s’est retrouvée dévastée par cinq années de guerre ayant mené à la mort de millions de personnes. Alors s’est levé un vent d’indignation mais aussi d’optimisme pour reconstruire un monde qui se voulait meilleur.
Vingt ans après la fin du conflit, le 4 octobre 1965, le pape Paul VI adresse un discours retentissant aux membres de l’Assemblée générale des Nations Unies: un appel à la paix et à la dignité humaine. Il s’exclamera: "Plus la guerre, jamais plus la guerre!" Son cri appelant à la solidarité et à l’amour entre les peuples résonne en pleine guerre du Vietnam. Le pape se dira néanmoins convaincu que l’ONU représente "le chemin obligé de la civilisation moderne et de la paix mondiale". Hélas, aujourd’hui, beaucoup s’interrogent sur l’efficacité des Nations Unies, non de sa volonté à construire la paix, mais parce que certains états n’hésitent pas à passer outre les règles de l’organisation. L’actualité récente en Syrie nous en a montré la réalité.
Plus de 60 ans plus tard, Paul VI a-t-il été entendu? Le climat actuel ne semble pas apporter une réponse positive à cette question. Secoué par de nombreux conflits ou attentats meurtriers, sans oublier d’autres formes de guerre comme l’exclusion, le repli sur soi, le rejet de l’autre, la perte de valeurs... une chose est sûre: le monde est à un tournant et nous évoluons vers un changement de paradigme. L’avenir est entre nos mains. Mais, encore faut-il savoir ce que nous voulons en faire.
A cet égard, l’espérance de Pâques, nous montre qu’après les ténèbres survient la lumière!
Jean-Jacques Durré
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