Mgr Doré : «Les évêques émérites restent serviteurs de l’Eglise »


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Mgr Doré : «Les évêques émérites restent serviteurs de l’Eglise »
Par Anne-Françoise de Beaudrap
Publié le - Modifié le
4 min

Le site de l'Eglise catholique de France publie l'interview de Mgr Joseph Doré, archevêque émérite de Strasbourg. Avec le Père Bernard Xibaut, il a écrit «Evêques émérites. Dans l’Eglise d’aujourd’hui, quel rôle pour les retraités de l’épiscopat?» (Ed. La Nué Bleue) basé sur le témoignage de 29 évêques émérites.

Quel est le contexte de votre réflexion?

Autrefois, les évêques restaient en poste jusqu’à leur mort. Pour assumer la fin de leur charge, ils pouvaient avoir recours à différentes aides, notamment celle d’un coadjuteur. Lors du concile Vatican II, l’Eglise a décidé que l’évêque n’est pas un prêtre doté d’un complément de pouvoir d’ordre juridique, mais un ministre qui a reçu une mission particulière dans l’Eglise et une qualification spécifique pour l’accomplir. L’épiscopat a donc été reconnu officiellement par le Concile comme un degré du sacrement de l’ordre. Ce point de doctrine, qui n’était pas clairement admis par tous, a pour conséquence qu’un évêque ne perd pas sa qualification sacramentelle en quittant sa responsabilité «administrative». Du coup, un nombre considérable d’évêques le sont toujours même s’ils n’ont plus de responsabilité dans un diocèse.

Le Concile avait posé là un principe clair. Mais c’est le pape Paul VI qui, par un décret de 1966, a décidé que cette loi s’appliquerait précisément à 75 ans. Tous les évêques qui atteignent cet âge remettent donc désormais systématiquement leur charge entre les mains du Saint Père. On a logiquement vu croître le nombre des évêques émérites. […]

Chose inédite, nous avons un pape émérite…

On peut en effet évoquer ici le cas du pape, évêque de Rome et pasteur de toute l’Eglise. Alors que Jean-Paul II est mort en charge, une grande nouveauté est intervenue avec Benoît XVI, qui a très clairement dit que, pour exercer la responsabilité de pape, il faut être en capacité, physique et psychologique, d’affronter certaines difficultés. Il a décidé – non pas de ne plus être pape – mais de ne plus exercer cette responsabilité-là, et souhaité qu’on lui élise un successeur.

Dans l’annuaire pontifical, il garde son titre et apparaît immédiatement sous le nom du pape François. Il y a ainsi désormais deux titulaires de la papauté, mais dont un seul est actif. Le secrétaire de Benoît XVI a eu cette formule: «Il n’y a toujours qu’un seul ministère pétrinien, mais double; l’un est exercé plus activement par François, l’autre, plus contemplativement par Benoît XVI.» Celui-ci est resté au Vatican et a gardé sa soutane blanche; on s’adresse toujours à lui avec le titre de «Saint-Père». Il est bien «pape émérite», comme d’autres sont «évêques émérites».

Que retenez-vous des témoignages recueillis?

Mgr Jousten, prédécesseur à Liège de Mgr Delville

Pour un évêque, passer à la retraite ne va pas de soi, comme pour tout homme qui a assumé des responsabilités, a exercé une profession et, à travers cela, a été reconnu, en a tiré estime, soutien et relations. Que la cessation de leur activité entraîne une épreuve n’est donc pas épargné aux évêques. La question est alors: «Comment va-t-on poursuivre son existence de sorte que l’on on soit toujours capable de rendre service, intéressé à le faire, et qu’on y trouve un certain bonheur de vivre?»

Les uns acceptent de se faire confier par la Conférence épiscopale des missions particulières, d’autres reçoivent la responsabilité d’être expert pour une communauté religieuse, d’autres encore se mettent à la disposition d’un lieu de pèlerinage. C’est, on le voit, d’une grande variété.

Quand ils parlent de leur situation, ces évêques manifestent une grande liberté de ton. Ils témoignent aussi beaucoup de respect pour leur successeur, avec le souci de ne pas interférer dans sa propre gestion. Cela n’empêche pas qu’ils restent informés de la vie de l’Eglise locale qu’ils ont servie: le fait qu’ils gardent leur anneau épiscopal manifeste bien l’attachement qu’ils lui gardent.

Lire la suite sur le site Conférence des Evêques de France


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