A Alost, une messe en dialecte pour les carnavalistes


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A Alost, une messe en dialecte pour les carnavalistes
Par La rédaction
Publié le - Modifié le
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Avant de se lancer dans trois folles journées de carnaval, les habitants d’Alost ont pu assister à une première: une messe en dialecte. Pur folklore ou opportunité pour une nouvelle évangélisation?

La messe "in ’t Oilsjters" de dimanche à Erembodegem, en banlieue d’Alost, était une initiative du curé paroissial, l’abbé Dirk Moereels, qui est carnavaliste lui-même et qui parle assez couramment le dialecte de sa ville natale. Cette messe a d’ailleurs failli ne pas avoir lieu, car le curé avait en effet été hospitalisé quelques jours auparavant, et le doyen n’aurait pas pu le remplacer… ce dernier étant originaire de Termonde. Or la rivalité entre Alost et la ville voisine de Termonde est légendaire. Un Termondois qui parlerait le dialecte d’Alost? Carrément impensable aux bords de la Dendre.

Mais une messe en dialecte, cela relève-t-il du pur folklore ou est-ce plus que cela? La question s’impose, car il y a eu des initiatives semblables à Bruxelles ainsi qu’à Louvain. "De nos jours, les messes en dialecte peuvent être une bonne chose pour une nouvelle évangélisation", dit le P. Eric Manhaeghe, ancien rédacteur en chef de la revue internationale Spiritus spécialisée en études missionnaires, "car ces messes peuvent toucher une corde sensible dans le for intérieur des participants; leur cœur peut s’ouvrir davantage."

Pas de platitudes

Cela paraît en effet avoir été le cas dimanche passé à Erembodegem. L’église était comble. Toutes les personnes présentes n’avaient sans doute pas l’habitude d’aller à la messe chaque dimanche. Mais l’ambiance était – malgré les quelques notes d’humour bien placées – plutôt priante et sereine. Comme le disait une dame enthousiaste après la messe: "C’était en patois plat, mais il ne s’agissait nullement de platitudes". Peut-être que l’église se remplirait plus souvent si on y parlait davantage la langue du peuple?

Le célébrant n’avait pourtant pas tout traduit "in ’t Oilsjters". Le Credo, les paroles de la consécration et le Notre Père par exemple ont été récités en néerlandais classique. "Certaines formules de la liturgie sont en effet trop difficile à traduire", explique l’abbé Dirk Moereels. Sachant que des commissions de spécialistes ne se mettent d’accord qu’après des décennies sur tel ou tel mot dans une nouvelle traduction (par exemple le Notre Père), il est bon en effet de ne pas trop s’éloigner de la notion de l’universalité de la liturgie.

Mais "même le travail des traducteurs en dialecte peut être une opportunité pour la pastorale", signale le Père Eric Manhaeghe. "La personne qui a traduit l’évangile de dimanche passé avec ses belles expressions comme celles des ‘oiseaux du ciel qui ne sèment ni ne moissonnent’ a dû en parler à d’autres connaisseurs du dialecte local pour trouver la bonne traduction; voilà un moment d’évangélisation inestimable!"

Benoit LANNOO

Catégorie : Eglise Belgique

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