Durant ce mois de novembre 2016, la Belgique commémore la fin de la Première Guerre mondiale mais également le centenaire des déportations. Les Archives générales du Royaume poursuivent le travail de mémoire en ouvrant à la recherche et valorisant plusieurs fonds liés à cette période douloureuse. De nouvelles sources relatives aux réfugiés, résistants et déportés apparaissent régulièrement.
Les Archives générales du Royaume ouvrent à la recherche les archives du Comité officiel belge de secours aux réfugiés. Basé au Havre durant la Première Guerre mondiale, ce comité était chargé d’aider les Belges exilés en France. On y trouve une série de documents très intéressants sur de nombreux aspects de la présence belge en France : des écoles belges de la région de Calais au sort des familles envoyées dans les Pyrénées, ces archives éclairent tous les pans de cette histoire. En outre, le fonds contient plusieurs centaines de milliers de fiches reprenant les noms, adresses et professions d’à peu près tous les réfugiés belges installés en France. Ces fiches permettent de connaître notamment l’endroit exact où ils vécurent et quelles furent leurs activités durant la guerre.
Une source comparable existe aussi pour les réfugiés aux Royaume-Uni ! Conservés aux Archives générales du Royaume, les formulaires du Central Register of Belgian Refugees sont beaucoup plus complets que les fiches conservées aux National Archives, en Grande-Bretagne. Là aussi, on y trouve les différents lieux où vécurent les réfugiés, les emplois qu’ils occupèrent, la liste des membres de leur famille qui les accompagnaient. En revanche, ce type de fichier n’existe pas pour les civils belges qui vécurent aux Pays-Bas, mais les autorisations de retour délivrées par les consulats belges en 1918 et conservées dans les archives du Comité officiel belge aux Pays-Bas livrent quelques informations utiles parmi lesquelles la dernière adresse du réfugié aux Pays-Bas et la date de son retour. Contrairement aux autres archives, ces autorisations sont souvent munies d’une photographie du réfugié. Grâce à l’aide de bénévoles, plus de 3.000 noms ont déjà été intégrés dans le moteur de recherches Rechercher des personnes (https://search.arch.be/fr/rechercher-des-personnes). Les fonds relatifs aux trois principaux pays qui accueillirent des Belges durant la Première guerre mondiale sont désormais ouverts à la recherche et les archives librement consultables dans la salle de lecture des Archives générales du Royaume.
L'abbé Thésin, un résistant-témoin
Les Archives générales du Royaume conservent le fonds le plus riche du pays concernant l’action des patriotes belges durant la Première Guerre mondiale. Les archives de la Commission des Archives des Services patriotiques renferment des milliers de lettres, rapports, dessins, etc. qui rappellent le courage de ceux qui se dressèrent contre l’occupant, parfois au prix de leur vie. Soucieuse d’assurer la conservation de ces témoignages uniques pour les générations futures, une généreuse donatrice vient de faire don aux Archives générales du Royaume des archives rassemblées par un de ces résistants: l’abbé Liévin Thésin. On y trouve notamment plusieurs dizaines de lettres particulièrement émouvantes écrites par des patriotes avant leur exécution, à Gand. L'inventaire est téléchargeable gratuitement sur le site internet des Archives de l’État www.arch.be.
Centenaire des Déportations
Il y a 100 ans débutaient les déportations de travailleurs civils vers l’Allemagne. Partout dans le pays les initiatives se sont multipliées pour commémorer cet événement qui marqua profondément les populations civiles. Les listes de déportés constituées après-guerre reposent aujourd’hui aux Archives générales du Royaume, dans les archives de la Commission sur la Violation du Droit des gens. En outre, de nombreux formulaires individuels conservés au sein de la Commission centrale des Déportés éclairent le destin de milliers de déportés belges. Depuis plusieurs mois, des chercheurs venus de tout le pays exploitent ces archives pour raviver le souvenir de ces victimes oubliées de la Grande guerre. Ces derniers mois, plus d’un millier d’affiches illustrées, dessins et gravures ont été patiemment décrites et conditionnées. L’inventaire de ces archives issues de Belgique mais aussi d’Allemagne et des principaux pays alliés sera finalisé dans les semaines qui viennent. Dès que les inventaires seront prêts, ces documents seront progressivement numérisés et consultables en ligne.
cp
