Cette année, le Maroc a envoyé, en France, 180 imams et 25.000 exemplaires du Coran pour l'encadrement religieux des musulmans durant le ramadan. Il s'agit d'une tradition qui remonte à plusieurs années, a expliqué le président du Conseil français du culte musulman (CFCM), Mohamed Moussaoui, qui souligne aussi le manque de mosquées dans l'Hexagone.
En 2010, 165 imams marocains étaient venus aider les 600 imams permanents sur place, contre une soixantaine quelques années auparavant. Dans une déclaration rapportée par l'agence de presse officielle du Maroc MAP (Maghreb arabe presse), Mohamed Moussaoui a précisé que le CFCM a aussi bénéficié de 25.000 exemplaires du Coran édités au Maroc, sur les 350.000 édités par la nouvelle imprimerie du royaume. Le CFCM s'est assuré de la répartition des prêcheurs marocains, ainsi que des exemplaires du Coran, dans les différentes mosquées et salles de prière en France.
Durant le mois du ramadan, ces lieux de culte musulmans accueillent aussi des veillées religieuses, des séances d'apprentissage et de récitation du Coran et des conférences sur des sujets ayant trait à la religion. Certains de ces lieux de prière ont célébré cette année leur premier ramadan, telle la Grande mosquée de Strasbourg, dont l'ouverture avait été avancée pour accueillir les musulmans à cette occasion.
En France, c'est une centaine de mosquées qui a été inaugurée durant le ramadan 2011, ce qui ne permet néanmoins pas de pallier le déficit en salles de prière. "Il faudra encore des années pour y arriver", a souligné Mohamed Moussaoui, qui s'est toutefois félicité de la cadence à laquelle les nouvelles mosquées sont construites. "Nous estimons à 250.000 m2 le besoin actuel en surface de prière, mais les choses s'améliorent", a-t-il dit, tout en précisant que le CFCM continue d'oeuvrer pour trouver des solutions à ce problème et permettre aux cinq millions de musulmans de France, dont un million environ de Marocains, d'accomplir leur prière dans les meilleures conditions.
Ces derniers mois, le problème des prières dans la rue a créé une vive polémique, dans l'Hexagone. Parmi les solutions trouvées, Mohamed Moussaoui évoque l'ouverture prochaine de deux grandes salles de prière d'une capacité d'accueil de 3.000 fidèles à Paris, dans une caserne militaire, mise à disposition par la préfecture.
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