A la surprise des observateurs, le parti libéral dirigé par Justin Trudeau a remporté une victoire impressionnante aux élections législatives qui se sont tenues au Canada, ce lundi 19 octobre. Monsieur Trudeau (photo) formera le prochain gouvernement, après 10 ans de pouvoir conservateur dans ce pays.
L'ampleur de la victoire permet aux libéraux canadiens, selon les résultats provisoires publiés lundi, de disposer d'une large majorité de 184 sièges sur les 338 de la Chambre des communes, à Ottawa. Cette majorité va leur permettre de mener une politique basée sur leur plateforme électorale. Concernant l'environnement et l'accueil des réfugiés syriens, le futur premier ministre a promis d'être plus volontariste et généreux.
Pour les conservateurs, la défaite est lourde, après une décennie passée au pouvoir. Leur chef, Stephen Harper, a été réélu à Calgary, mais a néanmoins présenté sa démission de la direction de son parti. En remportant d'importantes victoires dans l'ouest du pays, les conservateurs ont obtenu 99 sièges, et sont désormais la deuxième force politique, devant les sociaux-démocrates du NPD et leurs 44 sièges.
Les Canadiens ont été plus nombreux que d'habitude à voter, ce qui constitue le signe d'une volonté de changement. Le taux de participation dépassait légèrement les 68%, contre 61% il y a quatre ans.
Deux ans après avoir pris les rênes des libéraux, Justin Trudeau a relevé un parti laminé aux dernières législatives, entachés par différents scandales. Rien, cependant, ne laissait prévoir un tel succès au début d'une longue campagne qui a duré 78 jours. Justin Trudeau a notamment fait preuve d'une aisance peu commune lors de ses premiers débats télévisés, face à des adversaires aguerris. Son père, Pierre Elliott Trudeau, a occupé le poste de premier ministre il y a trente ans.
Au cours de sa campagne, Justin Trudeau a patiemment mené sa campagne en gardant une ligne claire, promettant des baisses d'impôts à la classe moyenne, et proposant de taxer les plus riches.
Le dossier économique, cheval de bataille du premier ministre sortant, a finalement été favorable aux libéraux. Avec une récession durant les six premiers mois de l'année, en raison de la chute des prix du pétrole, Justin Trudeau a promis au prix de trois prochaines années en déficit budgétaire, de relancer l'activité avec un programme d'infrastructures et des mesures pour relancer l'emploi. Des mesures qui semblent donc fort éloignées des politiques d'austérité européennes...
Autre point important de la campagne, la crise des réfugiés en Méditerranée, avec une offre immédiate et généreuse des libéraux d'accueillir 25.000 Syriens d'ici la fin de l'année. Etonnant, lorsque l'on songe aux voix populistes qui, en Europe, s'élèvent pour réclamer une fermeture des frontières européennes. Le futur nouveau chef de gouvernement a aussi promis de ne plus participer, au sein de la coalition internationale menée par les Etats-Unis, aux frappes aériennes contre le groupe Etat islamique.
(Avec AFP)
Photo: Justin Trudeau. (c) wikipedia.org
