Lors de la messe matinale
du 19 mai à Sainte-Marthe, le pape François a rappelé les souffrances des Rohingyas du Myanmar, abandonnés en pleine mer et repoussés, ainsi que celles des réfugiés chrétiens et Yazidis chassés de leurs maisons en Irak: des tragédies qui ont lieu aujourd’hui sous les yeux de tous.
Le Souverain Pontife a proposé une réflexion sur le sens ultime de chaque départ, grand ou petit, avec le mot «adieu» qui exprime toujours un acte de confiance envers le Père. Et il n’a pas manqué de raconter la douleur et l’appréhension de toutes les mamans qui voient partir leurs fils pour le front de la guerre.
Aujourd’hui, a encore affirmé François, «cette atmosphère de départ se concentre aussi dans la première lecture, une de ces belles pages des Actes des apôtres: le départ de Paul» (20, 17-27). Il «était à Milet» et «il envoya chercher à Ephèse les anciens de cette Eglise» pour «une réunion de petites églises, grandes comme des paroisses». Et ainsi «commence ce discours qui s’achèvera dans la liturgie de demain, où Paul rappelle son travail, ce qu’il a fait: "Je ne me suis jamais dérobé quand il fallait vous prêcher et vous instruire". Puis il ajoute: «Telle a été ma vie parmi vous. Et maintenant voici qu'enchaîné par l'Esprit je me rends à Jérusalem».
Des départs tout au long de nos vies
En somme, a résumé le Pape en se référant aux deux lectures, «Jésus prend congé, Paul prend congé et cela nous aidera à réfléchir à nos propres départs». En effet, «au cours de notre vie, il y a de nombreux départs: il y a de petits départs – où l’on sait que je reviens, aujourd’hui ou demain – et il y a les grands départs et l’on ne sait pas comment se finira le voyage».
François a reconnu que cela «fait du bien d’y penser», car «la vie est pleine de départs» et «il y a tant de souffrance, tant de larmes» dans certaines situations. Et il a invité à penser «à ces pauvres Rohingyas du Myanmar. Au moment de quitter leur terre pour fuir les persécutions, ils ne savaient pas ce qui leur serait arrivé. Depuis des mois, ils sont sur un bateau, là-bas... Ils arrivent dans une ville où, après leur avoir donné de l’eau et de la nourriture, on leur dit: 'partez maintenant': c’est un départ.»
Et puis il a rappelé «le départ des chrétiens et des Yezidis qui prévoient de ne plus revenir sur leur terre car ils ont été chassés de leurs maisons. Aujourd’hui!»
Le Souverain Pontife a ensuite évoqué les grands départs de la vie: «Je pense au départ de la maman qui salue, donne un dernier baiser à son fils qui part à la guerre, et tous les jours se lève avec la crainte qu’un officier ne vienne lui annoncer: 'Nous sommes reconnaissants envers votre fils qui a donné sa vie pour sa patrie'». Parce que «l’on ne sait pas comment se finiront ces grands départs». Et puis, «il y a aussi le dernier départ, que nous devons tous faire, quand le Seigneur nous appelle vers l’autre rive: moi je pense à cela».
Ces grands départs de la vie, même le dernier, ne sont pas des départs qui se résolvent en disant «à bientôt, à plus tard, au revoir». Dans les grands départs, «on ne sait ni quand ni comment» aura lieu le retour. Et précisément, «l’art représente également ce dernier départ, dans les chansons notamment». A cet égard, François a rappelé le chant traditionnel des chasseurs alpins, Le Testament du capitaine, qui raconte «le moment où le capitaine prend congé de ses soldats». Ainsi, a-t-il proposé cette interrogation: «Est-ce que je pense au grand départ, à mon grand départ», c’est-à-dire «pas au moment où je dois dire 'à plus tard', 'au revoir', mais 'adieu'?»
Le pape a souhaité que «Jésus, mort et ressuscité, nous envoie l’Esprit Saint afin que nous apprenions ce mot, que nous apprenions à le dire de façon existentielle, avec toute sa force: le dernier mot, 'adieu'».
D’après Radio Vatican
