Le Carême est-il toujours d’actualité ?


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Le Carême est-il toujours d’actualité ?
Par Jean-Jacques Durré
Publié le - Modifié le
3 min

Carême - Croire 3L’abbé Pierre Hannosset, du diocèse de Liège, nous offre son regard sur cette célébration dans le but de bousculer un peu les « vieux clichés » !

Il nous éclaire sur cette période qu’il qualifie de «temps privilégié de bonheur» et lui redonne un sacré coup de jeune.

Que représente le Carême ?

Pour moi, le Carême est un temps privilégié de bonheur. Généralement, on pense que c’est une période de jeûne mais en fait, le Carême est mal perçu. Nous confondons le moyen et le but. Par exemple, si vous avez mal aux dents, le moyen est d’aller chez le dentiste et le but est de ne plus avoir mal aux dents. C’est tout à fait ça, nous pouvons faire un parallèle avec un feu. Arrivé à l’époque du mercredi des cendres, les flammes sont éteintes et il ne reste plus que les braises. Nous avons besoins d’un temps pour ranimer la flamme, pour redécouvrir le bonheur que Dieu veut pour TOUS les hommes.

Pourquoi faire le Carême aujourd’hui ? Cette célébration a-t-elle encore du sens ?

Nous vivons dans un monde de plus en plus difficile. Nous sommes au courant de tout ce qui se passe dans ce monde à cause du phénomène d’immédiateté de l’info ! Il y a 100 ans, les gens ne connaissaient que les affaires de leurs villages puis de leur région et, enfin, du pays. Les autres infos prenaient tellement de temps pour parvenir au reste du monde que ça n’avait aucune incidence sur la vie des citoyens. Donc leurs vies étaient plus équilibrées entre le bonheur et le malheur. La signification du Carême est : Dieu veut ton bonheur.

Quel est le sens du mercredi des cendres ?

Le sens du mercredi des cendres est : convertis-toi, change de route ! Crois en la bonne nouvelle, change de vie, nous sommes appelés à être heureux. C’est pour cela que nous parfumons nos cendres !

Et pour pâques ?

« S’il n’y a pas de résurrection des morts, le Christ non plus n’est pas ressuscité. Et si le Christ n’est pas ressuscité, notre proclamation est sans contenu, votre foi aussi est sans contenu », dit la première lettre de Saint Paul Apôtre aux Corinthiens, chapitre 15. Puisque Jésus est vivant et heureux, nous le serons aussi. « Il est aussi la tête du corps… » (Saint Paul Apôtre aux Colossien, chapitre 1). Le reste du corps, c’est nous et nous allons suivre le chemin de Jésus.

Comment présenter le Carême aux jeunes ?

Il faut présenter ce temps comme un temps beau, joyeux. Il ne faut pas voir le moyen mais bien la finalité. Le but de cette démarche est d’être heureux. La période de Carême est quelque chose de positif. Les jeunes doivent prendre la relation avec Dieu comme une relation d’amour.

Quels seraient les conseils que vous donneriez pour faire le Carême ?

Tout comme la grippe est contagieuse, le bonheur l’est aussi. Donc il ne faut pas hésiter à côtoyer des personnes heureuses. Il y a 3 points faciles à mettre en place qui permettront de vivre l’esprit du Carême :

1. Pour être plus vivant, nous devons rencontrer les vivants. Donc nous avons besoin de fixer un temps par jour pour (re)créer un lien avec Dieu, Jésus.

2. « Jésus est un frère qui souffre ». Donc nous devons prendre un temps par semaine pour aider les plus pauvres que nous.

3. Nous devons aussi faire des changements dans notre vie personnelle pour voir ou Dieu est dans nos actions.

Le tout enlèvera un peu de cendre, qui nous permettra de voir Dieu dans nos actions, pour qu’Il puisse ranimer la flamme d’amour et de bonheur qu’Il veut pour nous.

Une parole à un enfant ?

Jésus veut être ton ami et il l’est déjà, il veut faire un gros câlin, donc laisse toi faire.

Et à un ado ?

Dieu te kiff, tu veux pas kiffer Dieu ?

Propos recueillis par Hugues Morovitch (Lire l’interview intégrale sur https://liege.diocese.be/

Catégorie : L'actu

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