C'est le 16 mai dernier, dans le quartier de Matongé à Bruxelles, qu'a été présenté le film "Les Travailleurs invisibles", coproduit par IDAY et la société de production cinématographique Mundis. Celui-ci traite de la situation des travailleurs domestiques dans la région des Grands Lacs et en RDC. Ignorés par la législation locale, sans perspective d'évolution, sans éducation, et souvent sans rémunération, des centaines de milliers de jeunes africains sont en effet employés comme domestiques.
D'une durée de 52 minutes, le film s'attache à retracer le parcours de jeunes. Ainsi, le spectateur découvre les cas de Tracy, jeune congolaise que sa patronne empêche de terminer son année de formation à la couture parce qu'elle est faussement accusée du vol d'un objet perdu, de Didas, jeune domestique à Bujumbura ébouillanté par un patron alors qu'il réclamait son argent, de Damacène, qui n'est jamais payé parce qu'en fin de mois les patrons font disparaître des objets pour l'accuser de ces disparitions, ou encore d'Icha, chassée parce que mise enceinte par le fils du patron après un viol avéré.
Néanmoins, le film entend se terminer sur une note positive en montrant des centres de formation à Bujumbura, Kigali et Kinshasa. Là, le travail du domestique y est mis en valeur : il y apprend à lire et écrire dans sa langue et dans une langue étrangère et y reçoit également une formation qui lui permet de mieux accomplir ses tâches ménagères ou trouver un autre métier. Madame Goreth Kanyange, qui a fondé sur ses fonds propres le centre de formation des domestiques du Burundi, démontre que seul le travail décent et reconnu contribue au développement d'un pays et qu'il est donc dans l'intérêt général que domestiques et patrons prennent conscience de leurs droits et devoirs respectifs et les appliquent dans le cadre de contrats écrits. Comme l'explique la doctoresse Pacificah Okemwa de l'Université Kenyatta de Nairobi, ce sont les gouvernements qui doivent faire respecter les droits humains fondamentaux de leur population.
Coproductrice du film, IDAY se définit comme "une coalition d'organismes – Organisations non gouvernementales (ONG) ou associations sans but lucratif (asbl) - engagées individuellement dans la réalisation de projets d’éducation et collectivement pour réaliser en Afrique subsaharienne le deuxième Objectif du Millénaire pour le Développement (OMD2) : un cycle complet d'éducation primaire pour tous d'ici 2015".
Pour avoir un aperçu du film, cliquez sur le lien suivant : https://www.youtube.com/watch?v=zVMFBCPGr48
Signalons qu'une conférence internationale intitulée "Construire des ponts de liberté" a eu lieu à Rome, ce 18 mai, à l'initiative de l'ambassade des Etats-Unis près le Saint-Siège et de l'université Saint-Thomas de Miami. L'objectif de cette rencontre était de "favoriser des partenariats entre secteurs public et privé pour lutter efficacement contre les nouvelles formes d’esclavage, dont sont victimes spécialement les femmes et les enfants : prostitution, enfants soldats, travaux forcés, esclavage à domicile, enfants contraints de mendier".
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