Vatican : rencontre inédite de prière pour la paix


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Vatican : rencontre inédite de prière pour la paix
Par Jean-Jacques Durré
Publié le - Modifié le
4 min
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"La prière peut tout. Utilisons-la pour porter la paix au Moyen-Orient et au monde entier". C’est le tweet publié par le Pape François samedi, à la veille de la rencontre de prière pour la paix en Terre Sainte, à laquelle il a convié les présidents israélien et palestinien Shimon Peres et Mahmoud Abbas, ainsi que le patriarche œcuménique de Constantinople Bartholomée 1er.
Lors de la prière du Regina Cœli ce dimanche midi, le Pape François a remercié tous ceux qui, dans le monde entier, s'uniront à leur prière et qui prient pour cette rencontre.
Le Pape François a été l’hôte d’une rencontre de prière inédite pour la paix en Terre Sainte alors que le processus de paix est en panne et que le climat de défiance s’est accentué entre Israël et les Palestiniens. Cette initiative, qui suscite beaucoup d’espérance parmi les Palestiniens, et un certain scepticisme et quelques soupçons côté israélien, a eu lieu ce dimanche en fin d’après-midi dans les jardins du Vatican, près des musées. La date, acceptée par toutes les parties, coïncide de manière providentielle avec la solennité de la Pentecôte, fête de l’Esprit Saint; par ailleurs, la présence du Patriarche Bartholomée est lourde de signification, après la prière commune du 25 mai au Saint-Sépulcre.
A Jérusalem, le patriarche avait dit l’urgence de la paix, face au fanatisme religieux qui menace désormais la paix dans tant de régions du globe. De retour à Rome, le Saint-Père avait pour sa part demandé aux catholiques du monde entier d’accompagner cette rencontre de leurs prières: "je vous demande de ne pas nous laisser seuls", avait-il lancé. La demande officielle a été envoyée aux conférences épiscopales à travers le monde par le service diplomatique du Vatican.
Prière pour la paix dans de nombreux pays
En plein immobilisme diplomatique international, cet appel a recueilli des adhésions dans plusieurs pays: évêques, consacrés, fidèles ont accepté de se joindre à la prière. Ainsi, en Belgique, plusieurs moments de prière se sont déroulés dans différents lieux, au cours de la journée, notamment dès 12h à Liège. Des prières ont également été organisées en Terre Sainte, dans un lieu symbolique: la vallée de Crémisan, poumon vert de la région de Bethléem, qui risque d’être défigurée par le tracé du mur de séparation érigé par Israël.
Le curé de Beit Jala a célébré une messe sous les oliviers qui devraient être coupés si le tracé actuel est maintenu. Par ailleurs, l’assemblée des évêques catholiques de Terre Sainte avait adressé une lettre à tous les fidèles pour les inviter à prier au moment de la rencontre au Vatican: deux minutes de silence seront respectées et à 19h les cloches de toutes les églises sonneront à toute volée.
Un geste historique

Le geste est historique et inédit. Les présidents Shimon Peres et Mahmoud Abbas se sont donc retrouvés ce dimanche au Vatican à l’invitation du pape François, accompagnés de délégations non politiques et en présence du patriarche orthodoxe Bartholomée, pour une rencontre de prière. C’est la première fois que des dirigeants israélien et palestinien sont ainsi réunis au Vatican. L’invitation avait été lancée à la surprise de tous le 25 mai lors du pèlerinage du pape en Terre sainte.

Le Vatican a qualifié la rencontre d’une "invocation pour la paix", afin d’éviter qu’elle soit assimilée à une "prière interreligieuse". "On ne prie pas ensemble, on se retrouve pour prier", a ainsi précisé le père franciscain Pierbattista Pizzaballa, custode de Terre Sainte.

"Cette initiative vise à la paix dans une région traversée par des conflits, où politique et diplomatie ne sont pas parvenues à des résultats durables. (...) Nous voulons donner un signal, en Asie et en Europe, qu'avec l'aide de Dieu, nous pouvons arriver à des résultats", a affirmé le patriarche Bartholomée.

Une rencontre surtout symbolique

Si l’événement est historique, il est aussi surtout symbolique. Le pape François a d’ailleurs insisté sur le fait que cette rencontre n’est en rien une "médiation", qui serait une "folie". Le Saint-Siège parle d’une "pause dans la politique". Pour l’écrivain spécialiste du Vatican Bernard Lecomte, le pape ne peut pas en espérer davantage, car il ne peut rien au Proche-Orient, que ce soit sur le plan diplomatique, politique ou militaire. "Le pape n’est rien d’autre au Proche-Orient qu’un pèlerin qui peut éventuellement parler aux uns et aux autres et qui peut les inviter à prier pour la paix", explique-t-il. "Tout ce que peut proposer l’Eglise, c’est de l’ordre du symbolique, du psychologique, du culturel et du religieux".

Dans un entretien accordé à La Repubblica, le président Mahmoud Abbas a dit espérer que cette prière aide Israël à "décider" d'opter pour la paix. "Moi-même, avec Shimon Peres, j'ai signé les accords de paix d'Oslo et dans les jardins de la Maison Blanche en 1993, mais hélas, le pouvoir exécutif en Israël est aujourd'hui entre les mains des opposants à ces accords", a déclaré Mahmoud Abbas. Cette rencontre entre les deux présidents intervient en effet dans un contexte de crispation entre Israël et la Palestine. Jeudi 5 juin, l’Etat hébreu a relancé massivement son processus de colonisation en représailles au gouvernement d’union palestinien agréé par la communauté internationale.

JJD/Radio Vatican
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