Vingt personnes ont été choisies pour déjeuner en compagnie du pape François, à Bethléem, le dimanche 25 mai. Loin du faste et des honneurs, le pape a préféré inviter à sa table les membres de familles anonymes, ignorées des médias.
Un tel choix ne surprend pas. Il s'inscrit parfaitement dans les priorités défendues par le pape François, attentif aux plus humbles. On l'imagine aisément, le nombre de personnes désireuses de rompre le pain avec le pape était grand. Il a fallu opérer un choix parmi les familles potentielles. C'est l'Assemblée des Ordinaires catholiques de Terre sainte qui a été chargée de sélectionner les laïcs honorés.
Comme le précise Mgr William Shomali, évêque auxiliaire de Jérusalem, "Le pape François souhaite passer un peu de temps avec les familles pauvres de Bethléem et avec leurs enfants pour écouter leur voix, témoigner un peu de sa complicité et de sa tendresse. Il n’a pas souhaité déjeuner avec les cardinaux, avec les évêques, avec les politiciens, mais avec les familles pauvres." Ces gens "sont des personnes qui souffrent pour des raisons humanitaires, politiques et sociales".
Un panel de souffrances
Les familles sélectionnées vivent au quotidien des problématiques fort différentes, mais tout aussi contraignantes. Ainsi, une famille est originaire d'un village du nord de la Galilée, rasé en 1948 par l'armée israélienne. Depuis, le village n'a jamais été reconstruit. La deuxième famille a vu son terrain coupé en deux, à la suite de la construction du Mur de séparation. Des tractations juridiques sont en cours… La troisième famille est séparée faute de regroupement familial: le père est à Jérusalem, tandis que la mère se trouve dans les territoires occupés. La quatrième famille a un fils condamné à la prison à vie, tandis que la cinquième vit avec un fils exilé à Gaza pour des raisons politiques. Enfin, la dernière famille demeure dans la bande de Gaza. Tous ces gens, jeunes et moins jeunes, incarnent des souffrances ordinaires bien réelles en Terre sainte.
Que ce soit en italien, en espagnol ou en arabe… Peu importe les langues utilisées, l'essentiel sera le réconfort prodigué par le pape François. "Nous devons nous rapprocher de ceux qui souffrent dans le peuple de Dieu, et ne pas vivre isolé dans nos maisons. Le Pape nous dit toujours de sortir, d’aller vers les autres, d’aller à la recherche de la brebis et de ne pas attendre que la brebis cherche le pasteur. C’est un grand exemple pour nous", souligne encore Mgr William Shomali.
A. T. (avec le Patriarcat latin de Jérusalem)
