Le fondateur des communautés de l'Arche, Jean Vanier, 85 ans, a été reçu le 21 mars par le Pape François. Engagé depuis 50 ans dans le service des plus exclus, le philosophe canadien a été reçu au Vatican lors de la Journée mondiale de la Trisomie 21.
Les communautés de l’Arche réunissent des personnes handicapées mentales et des volontaires non-handicapés. Grâce à ces foyers, les handicapés mentaux peuvent s'épanouir et gagner en autonomie dans une atmosphère familiale.
Jean Vanier partage avec le Pape la même vision d'un christianisme incarné, qui touche les réalités humaines les plus difficiles. "C’est vraiment le Pape de la rencontre, dans le sens profond de voir l’autre comme un être humain sans juger, juste rencontrer. Et je crois qu’il nous enseigne que la rencontre, ce n’est pas de convertir des gens, ce n’est pas leur dire des choses mais c’est de rencontrer et de voir l’autre comme Jésus le voit, c’est-à-dire avec un regard de tendresse, de bienveillance et d’amour."
Un constat: les handicapés gênent la société
"Une jeune femme que je connais vient de découvrir dans l’échographie que son enfant aura un réel handicap physique et mental. La première chose que le médecin dit: "Vous pouvez avoir une IVG". C’est entré dans les mœurs." Supprimer un enfant parce qu’il a le malheur d’être différent: une situation qui révolte celui qui a dédié sa vie aux handicapés. "J’ai pris conscience, en visitant un aumônier d’un petit centre, que les personnes avec un handicap étaient parmi les gens les plus opprimés et les plus rejetés. Et encore aujourd’hui, ils gênent."
Jean Vanier est admiratif du travail des communautés religieuses engagées dans le service aux plus dépendants, citant en premier lieu les Petites Sœurs de la Charité de Ste Mère Térésa. Mais ce catholique pratiquant peut aussi être critique sur certains a priori qui persistent sur les handicapés, même dans l’Eglise. "Je ne dis pas toute l’Eglise parce qu’il y a des prêtres super mais il y a encore des prêtres qui refusent la communion à des personnes avec un handicap. Donc, il y a encore du travail à faire."
MB (avec Radio Vatican)
Retrouvez l’interview de Jean Vanier par Anne Leconte:

