Pour les « lefebvristes , la canonisation prochaine des papes Jean XXIII et Jean-Paul II est un sujet "grave et scandaleux". Le District de France de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X (FSSPX) veut "faire tout son possible pour empêcher ces canonisations".
C’est du moins ce qu’on peut tirer comme conclusion des propos du supérieur du district français de la FSSPX, l’abbé Régis de Cacqueray. Dans un éditorial publié sur le site internet "La Porte latine", il demande aux communautés traditionalistes de "redoubler de prières" pour empêcher ces deux canonisations, qu'il qualifie de "sujet grave et scandaleux". Donnant suite à un appel de Mgr Fellay, supérieur général de la Fraternité, il demande à ses fidèles de prier des nuits entières, entre janvier et mars 2014, pour que les canonisations prévues le 27 avril n'aient pas lieu.
Vatican II : "une catastrophe pour l'Eglise"
"Etant donné qu'aucun deuxième miracle n'a pu être déniché pour être placé au crédit du pape Jean XXIII, c'est la convocation du concile Vatican II qui a été avancée par le pape François comme un argument décisif en faveur de sa canonisation. Pourtant ce concile fut imprudemment réuni et il tourna à la catastrophe pour l'Eglise", avait déjà lancé l'abbé de Cacqueray en novembre 2013.
"En ce qui concerne Jean-Paul II, nous avons en lui le pape qui, en excommuniant Mgr Marcel Lefebvre et Mgr Antonio de Castro-Mayer en 1988, a en réalité excommunié 'la Tradition catholique' au nom d'une pseudo-tradition vivante et dévoyée", avait ajouté le supérieur du District de France. Reprenant le document "Itinéraire spirituel" de la FSSPX, il qualifie Jean Paul II de "politicien philo-communiste au service du communisme mondial à teinte religieuse". Et de préciser : "Il attaque ouvertement tous les gouvernements anticommunistes, et n'apporte par ses voyages aucun renouveau catholique".
Haro sur l’exhortation apostolique Evangelii gaudium
Par ailleurs, sur le même site, l’abbé Franz Schmidberger, directeur du séminaire de la FSSPX en Allemagne, s’attaque à la dernière encyclique du pape François, Evangelii gaudium (« La joie de l'Evangile »), lui préférant comme titre Dolor fidelium (La douleur des fidèles). Il y analyse le texte, non sans bien évidemment le critiquer. Il écrit notamment : « Le pape François parle de l'Eglise comme si, jusqu'à aujourd'hui, elle n'avait pas transmis l'Evangile ou l'avait fait de manière imparfaite. Il se désole d'une attitude nonchalante, léthargique et fermée. Cette réprimande constante nous touche désagréablement. On a l'impression que, jusqu'à présent, peu de choses ont été faites pour la transmission de la foi et de l'Evangile ».
Enfin, une dernière attaque est lancée par un article datant du 14 décembre et écrit par l’abbé Benoît Wailliez, supérieur du District de Belgique et des Pays-Bas de la Fraternité à propos de la liturgie actuelle. A ses yeux, le pape François parle « avec dédain de la messe de toujours », estimant que « lorsqu'il la tolère, il aspire à ce que, en célébrant les mystères sacrés selon la forme extraordinaire du rite romain (…), [les prêtres] contribuent, dans la fidélité à la tradition vivante de l'Eglise, à une meilleure compréhension et mise en œuvre du concile Vatican II ». Allusion à la lettre adressée par le souverain pontife à la Fraternité Saint-Pierre, à l'occasion de son Jubilé d'argent. Rappelons que la Fraternité Saint-Pierre (à ne pas confondre avec la FSSPX) a été fondée le 18 octobre 1988 par le pape Jean-Paul II afin de répondre aux aspirations des catholiques attachées la liturgie traditionnelle du rite romain.
Bref, on ne peut craindre, à la lecture de ces prises de position, particulièrement virulentes à l’égard du pape François, que la Fraternité sacerdotale Saint Pie X ne souhaitent plus se rapprocher de Rome. En s’enfermant dans leur intransigeance, les « lefebvristes » donnent l’impression de rejeter la main que leur avait tendue le pape émérite Benoit XVI, avec l’espoir de voir la FSSPX revenir au sein de l’Eglise de Rome.
J.J.D. (avec Apic)
