La détresse des femmes après une fausse-couche


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La détresse des femmes après une fausse-couche
Par Jean-Jacques Durré
Publié le - Modifié le
2 min

Les femmes dont la grossesse se termine en fausse-couche souffrent du manque de considération du personnel médical. Un discours banalisant qui peut profondément blesser la mère.

grossesse

Premier interlocuteur d’une femme après une fausse-couche, le personnel médical a tendance à banaliser la perte d’un enfant durant la grossesse. Par incompréhension de cet événement très intime? Pour se forger une carapace? Le Figaro Santé a mené son enquête.

"Les médecins ne prennent peut-être pas assez en compte la représentation qu'ont les femmes de leur grossesse et la façon dont elles vivent leur fausse couche", estime le Pr François Goffinet (CHU Cochin-Port-Royal, Paris). Certaines ne sont pas trop affectées par cette perte, tandis que d'autres vont la vivre comme un vrai drame parce qu'elles avaient déjà bâti tout un projet autour de ce qui était déjà pour elles un enfant. Il faudrait certainement que nous soyons plus à leur écoute, pour les orienter quand c'est nécessaire vers une prise en charge psychologique.

 

"Vous en ferez un autre..."

"Entendre le médecin banaliser cet accident, dire “ce n'est pas grave, vous en ferez un autre… ”, est proprement insupportable", indique Corinne Cazard-Favarel, psychologue de la santé à Toulouse. Un enfant est généralement attendu dans la joie, car don de Dieu et fruit de l'amour. Le traumatisme n'est donc plus seulement physiologique. C'est important de porter ce regard chrétien. N'y a-t-il pas là aussi une opportunité pour un enjeu pastoral? Accompagner et aider à répondre aux questions: pourquoi cela m'arrive-t-il? Comment surmonter la tristesse, voire la révolte? Pourquoi une attente joyeuse est-elle anéantie?

Dans les faits, on observe une grande différence entre les fausses-couches précoces et les fausses-couches tardives. Durant les premières semaines de grossesse, la famille n’est pas toujours informée de l’arrivée d’un bébé; il est donc moins lourd de devoir annoncer la triste nouvelles, mais la mère est également plus seule dans cette épreuve. Dans le cas d’une fausse couche tardive, de nombreuses personnes sont généralement informées et attendent avec impatience la venue du bébé; les parents se sont également préparés à l’arrivée de l’enfant: choix du prénom, aménagements d’une chambre, achat de layette, etc. Ils sont donc confrontés à la mort d’un enfant qu’ils voyaient déjà comme bien vivant. Une autre grossesse suit parfois la fausse-couche, avec le risque de considérer le nouveau bébé comme une sorte de "remplaçant" du précédent.

 

M. B. (d’après Le Figaro Santé)

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https://sante.lefigaro.fr/actualite/2013/12/13/21686-fausse-couche-soutien-psychologique-souvent-insuffisant#xtor=AL-155

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