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Philippe Defeyt, économiste, président du CPAS de Namur et écolo met en garde contre les "fausses bonnes idées" qui affluent de toutes parts pour lutter contre une pauvreté qui gagne sans cesse du terrain dans notre pays.
Liesbeth Homans, présidente N-VA du CPAS d'Anvers, propose de forcer les bénéficiaires d'un revenu d'intégration sociale à travailler en contrepartie de l'argent versé par l’Etat. Une piste à écarter, a estimé Philippe Defeyt, sur les antennes de la RTBF, car " le mauvais emploi chasse le bon emploi. Si vous proposez à une commune de lui prêter gratuitement du personnel pour nettoyer les rues, cette même commune finira par licencier ou ne pas renouveler son personnel de voirie. Et cela crée du chômage." Pour le président du CPAS de Namur, il faut au contraire, activer les chômeurs et les bénéficiaires de revenus d’intégration, ce qui est une démarche très différente.
Dimanche dernier, Philippe Defeyt était l'invité de l'émission TV "Il était une foi" consacrée aux sans-abri. Il expliquait à cette occasion le risque de voir la proportion de SDF augmenter dans les prochaines années, notamment suite aux mesures de suspension des droits au chômage et rappelait la charge financière que ces mesures représentent pour les CPAS.
Le président du CPAS de Namur observe que les personnes qui fréquentent le CPAS ont des profils de plus en plus variés et des parcours toujours plus chaotiques, en cumulant souvent les difficultés. Beaucoup de personnes qui se retrouvent à la rue étaient auparavant socialement intégrés, financièrement à l'aise, avec une maison, une famille et un travail. Mais, au-delà des gens qui vivent dans la rue au quotidien, explique Philippe Defeyt, "il y a en Belgique des dizaines de milliers de personnes qui sont, au sens propre du mot, des SDF. Ce sont des personnes qui n'ont pas un domicile fixe où elles ont une inclusion sociale. Elles vivent chez des proches, des amis, ou retournent chez leurs parents; des personnes qui vivent dans un abri de nuit ou dans une structure d'accueil."
Pour expliquer ce constat, Philippe Defeyt pointe le taux de chômage mais surtout l'incapacité de l'Etat à produire du travail à tous et en particulier "à ses 135.000 chômeurs de moins de 25 ans" qui se verront proposer "au mieux de l'emploi à temps partiel, mal payé."
Enfin, concernant la baisse de la TVA sur l'électricité, l'économiste, rapporte la RTBF, a rapidement fait le calcul de ce que procurerait à une famille une réduction de la TVA sur l’électricité: un bonus mensuel de 6 euros pour les ménages à petits revenus et de 11 euros pour les gros revenus. Il précise que l’enchérissement de l’énergie pèse désormais pour 12% dans le budget des gens les moins fortunés. "Pour les pauvres, c’est la double peine: l’électricité est chère et, de plus, elle est proportionnellement plus chère au KW/h que pour les riches."
Une meilleure solution serait, selon lui, d’utiliser le mécanisme de liaison des salaires au bien-être qui consiste à augmenter les allocations les moins élevées. "Ce mécanisme a augmenté les revenus de 20 à à25% pour les revenus les plus faibles. C’est quatre fois plus que ce que leur rapporterait une baisse de la TVA. Et ce serait pour ceux qui en ont vraiment besoin." Par ailleurs, cet argent serait immédiatement reversé dans l'économie réelle.
MVL, d'après RTBF Info
Visionnez l'émission Il était une foi de ce 17 novembre, consacrée à la mendicité.


