Ce mercredi 2 octobre, les institutions européennes célébraient leur rentrée par une messe en l’église Notre-Dame du Sablon à Bruxelles, une occasion pour les nombreux fidèles catholiques travaillant pour l’Union Européenne de venir confier à Dieu cette nouvelle année de travail.
La Commission, le Parlement, le Conseil… les nombreuses institutions de l’Union Européenne installées à Bruxelles nous semblent paradoxalement parfois très éloignées. Il s’agit pourtant de plus de 35.000 personnes travaillant dans notre capitale… pour ne compter que les fonctionnaires.
Ce mercredi 2 octobre avait donc lieu la Missa Pro Europa, en l’église Notre-Dame du Sablon à Bruxelles, qui, chaque année, marque la rentrée des institutions européennes. Dans les travées de la belle paroisse gothique, des fonctionnaires de la Commission, des assistants parlementaires, des lobbyistes et même des députés européens se sont retrouvés. Au fond du chœur, un drap de soie tendu illustrait les saints patrons de l’Europe: Sainte Edith Stein, Sainte Catherine de Sienne et Sainte Brigitte de Suède, ainsi que Saint Benoit et les Saints Cyrille & Méthode.
La cérémonie était présidée par l’archevêque de Malines-Bruxelles, Mgr Léonard, assisté par l’évêque auxiliaire de Bruxelles, Mgr Kockerols, également vice-président de la COMECE. Mais, la Lituanie occupant actuellement la présidence tournante de l’Union européenne, l’homélie fut prononcée par Mgr Gintaras Linas Grusas, archevêque de Vilnius. Dans un style très direct, celui-ci a mis en avant l’importance de la prière pour pouvoir se consacrer à la prospérité de notre société : "Il est important de le rappeler: la prière a un impact !" Car si l’Union européenne a fait de la prospérité du continent son cheval de bataille, il nous revient de ne pas nous limiter à rechercher une prospérité purement économique. Comme Saint François d’Assise l’a illustré durant toute sa vie, la plus grande pauvreté est spirituelle et peut aller de pair avec un bien-être matériel. "Dieu a un plan pour nous, individuellement et pour toute la société, même en des temps de crises financière, politique, sociale ou même morale", a souligné Mgr Gintaras Linas Grusas.
La prière peut apporter la paix
Histoire oblige, l’archevêque lituanien a rappelé, en prenant l’exemple de son pays, que la prière peut aussi apporter la paix. Les populations de l’ex-bloc soviétique ont acquis ainsi la liberté et la démocratie sans qu’une goutte de sang ne doive être versée. La récente journée de prière pour la paix en Syrie montre que le pape François partage cette conviction en la force transformatrice de la prière.
Depuis les années 80, un dialogue officiel existe entre la Commission européenne et l’Eglise catholique. Ce rôle est rempli par la Commission des Episcopats de la Communauté Européenne (COMECE), dont le représentant belge est Mgr Jean Kockerols. Pour autant, le secrétaire général de la COMECE, le Père Patrick Daly n’estime pas être le "lobbyiste des cathos". "Nous ne faisons pas notre propre promotion, mais défendons le bien commun dans le projet européen", explique-t-il.
La messe s’est achevée par le chant du Salve Regina, repris avec ferveur par toute l’assemblée. Cette célébration a montré qu’au-delà des différences historiques ou linguistiques, il y a vraiment quelque chose qui unit les Européens.
Matthieu Bruynseels
