C'est ce mardi 2 octobre, dans sa bibliothèque privée que le pape François a entamé sa réunion de trois jours avec les huit cardinaux qu'il a nommés en mai dernier pour l'aider à réformer la curie romaine et se pencher sur certains points plus épineux, comme la question des divorcés remariés.
Ils sont arrivés ces derniers jours de Sydney, Kinshasa, Munich ou Bombay, et ont pris leurs quartiers dans la résidence Sainte-Marthe, au Vatican, à quelques mètres de la chambre du pape François. "Ils", ce sont les huit cardinaux nommés en mai dernier par l'évêque de Rome pour l'aider à revivifier l'Eglise catholique. Des hommes réputés pour leur forte personnalité, leur connaissance du terrain et leur capacité à affronter les défis actuels de l'Eglise catholique. Pendant trois jours, ils vont se voir, à huis clos, et réfléchir à ce qui pourrait être mis en place pour réformer la curie romaine, jugée beaucoup trop "vaticano-centrique" par le pape.
Un gouvernement moins romain
"Le pape veut un gouvernement moins romain, qui prenne en compte les expériences des différents continents, ainsi qu'un rééquilibrage dans la méthode des consultations", a expliqué le père Federico Lombardi, directeur de la Salle de presse du Saint-Siège. Dans un entretien accordé à Eugenio Scalfari, fondateur du quotidien italien "La Repubblica" et publié le 1er octobre dernier, le pape argentin utilise des termes très durs pour définir ce qu'a été et ce qu'est encore d'une certaine manière la curie romaine. Pour lui, le principal défaut de cette dernière est qu'elle ne voit et ne s'occupe que des intérêts du Vatican, "qui sont en grande partie des intérêts temporels".
Cette vision centrée sur le Vatican "néglige le monde qui l'entoure", regrette l'évêque de Rome, qui s'en prend, une fois de plus, aux courtisans et carriéristes qui travaillent à la curie. En revanche, poursuit-il, les membres du Conseil de cardinaux chargés de l’aider dans le gouvernement de l’Eglise et la réforme de la curie ne sont pas des "courtisans", mais "des personnes sages et animées par les mêmes sentiments" que lui. "C'est le début d'une Eglise conçue comme une organisation non seulement verticale, mais aussi horizontale", a-t-il encore ajouté.
La délicate question des divorcés remariés
Appelés à aborder des dossiers plus questions plus "grand public", les membres de ce "G8" devraient aussi se pencher sur la délicate question des divorcés remariés, qui demeurent interdits de communion. On ignore encore quelle piste sera privilégiée, mais il est possible que le recours aux "annulations" de mariage soit facilité. Par contre, il n'est pas certain que les cardinaux se saisissent, pour cette première réunion, d'autres questions d'éthique ou de discipline, tels que le célibat des prêtres.
Cette réunion s'achèvera jeudi 3 octobre, dans la soirée. Le pape et les cardinaux rallieront ensuite Assise, la ville de saint François, où le souverain pontife devrait préciser une nouvelle fois sa vision de l'Eglise.
Pascal ANDRE (avec Apic et La Croix)
