Le quotidien italien de gauche La Repubblica a publié mercredi une lettre du pape argentin adressée à son directeur, Eugenio Scalfari. François entend répondre aux questions posées par cet athée déclaré, dans deux éditoriaux rédigés à la suite de l’encyclique Lumen fidei. Interrogé par le quotidien La Croix, le père Laurent Mazas revient sur cette lettre.
"La lettre du pape François, qui est bien une lettre personnelle et non une tribune de presse, n’est pas surprenante car, pour qui le connaît, elle est bien dans ses manières" analyse le P. Laurent Mazas, directeur exécutif du Parvis des Gentils au Conseil pontifical de la culture. "Cette démarche du pape a souligné que le dialogue avec les non-croyants n’est pas un accessoire secondaire, mais est nécessaire et précieux".
"Pour celui qui n’a pas la grâce d’avoir la foi, celle-ci peut susciter curiosité ou envie. Il y a donc matière pour un dialogue honnête, qui peut amener le non-croyant à comprendre ce qui fonde la vie d’une partie de l’humanité et la possibilité d’une présence de Dieu", explique le P. Laurent Mazas.
"Entrer dans un dialogue en se laissant interroger est un enrichissement pour le croyant car cela l’oblige à la cohérence, à coller à la réalité, à savoir rendre compte, comme le dit saint Pierre, de l’espérance qui l’habite. C’est une longue pratique du christianisme. Saint Augustin, en son temps, dialoguait avec les philosophes, et les théologiens se sont confrontés à d’autres penseurs".
"Comme jésuite, le pape François est passionné par cette confrontation avec la pensée contemporaine. Il y est habitué, à l’exemple de son échange, naguère, avec Jorge Luis Borges (poète argentin, athée). Le dialogue avec Eugenio Scalfari se poursuivra, le 25 septembre à Rome, avec le cardinal Ravasi, président du Conseil pontifical de la culture, à l’occasion d’une rencontre prévue avec les directeurs de grands quotidiens italiens", informe pour finir le directeur exécutif du Parvis des Gentils au Conseil pontifical de la culture.
La Croix/AL

