Marie-Martine Schyns est la nouvelle ministre de l’Enseignement obligatoire. Neuf mois la sépare des prochaines élections. Un laps de temps pendant lequel elle veut "faire changer le regard que la société porte sur le monde de l’enseignement", a-t-elle déclaré hier à la RTBF.
Succédant à Marie-Dominique Simonet (qui a dû renoncer à son poste pour raison de santé), Marie-Martine Schyns a fait, elle aussi, sa rentrée hier dans un contexte un peu particulier suite à la parution du livre de Franck Andriat, "Les profs au feu, l'école au milieu".
Cet ancienne professeur de français connait les réalités du terrain. Mais réfute le sombre tableau dessiné dans l'ouvrage du professeur de Schaerbeek. La nouvelle ministre reconnaît cependant un part de vérité dans les propos de M. Andriat "qui relaie peut-être certaines inquiétudes du terrain", et admet qu’il y a eu des décrets sans grande concertation. Elle a donc invité Franck Andriat à s'asseoir à sa table pour discuter de ce qui ne va pas. "Il n’y a pas, d’un côté, des profs qui galèrent et de l’autre, des pédagogues en chambres. Ces pédagogues aussi ont connu le terrain", a-t-elle déclaré au micro de la RTBF. "Je fais confiance aux acteurs de l’enseignement pour ne pas tomber dans les clichés".
Constatant l'écart qui existe entre ce que l'on dit en général de l’enseignement et ce qui est vécu directement dans les écoles où les parents ont inscrit leurs enfants – et où tout ne va pas si mal – la ministre veut "changer le regard que la société porte sur le monde de l’enseignement", et pour cela, mettre ce dernier au cœur d'une stratégie de développement, "en travaillant sur le terrain avec tout le monde, en ce compris les parents et le monde de l’entreprise", explique-t-elle.
Le décret inscription? "efficace et juste"
Parmi les autres sujets évoqués à l'occasion de cette rentrée, la ministre s'est prononcé en faveur d'un rééquilibrage du financement du libre par rapport au public en assénant que sur cette question sensible, il fallait arrêter "les combats purement idéologiques pour faire place aux débats pragmatiques, pour créer plus de bâtiments scolaires".
Quant au décret inscription, elle lui trouve au moins deux qualités: son "efficacité, car c’est une liste unique", et son "équité, car tout le monde est sur un même pied d’égalité". Mais ne refuse pas de l'aménager si les solutions envisagés sont "praticables sur le terrain". En tout cas, elle assure que vouloir le supprimer, sans proposer d’alternative réaliste, se traduirait par le retour des files "à la puissance six". Pas envisageable pour la ministre qui estime que ce n'est pas le décret qui pose problème mais le manque de places.
P.G.
