De Goias, à la plage de Copacabana, entre eux et avec le Pape, les jeunes Belges francophones partis au Brésil reviennent au pays chargés de souvenirs et d'enthousiasme. Par Bosco d'Otreppe, à Rio.
Un sac sur l'épaule gauche, un matelas sous le bras droit, des chaussures dans une main, une gourde et quelques biscottes dans l'autre, nous sommes dimanche matin, il est très tôt, et deux Espagnoles remontent la plage en slalomant vers l'autel où se tiendra le pape d'ici quelques heures, pour y célébrer la messe d'envoi clôturant les JMJ de Rio. Le chemin est encore long. Deux kilomètres, trois ? Copacabana a le sens du gigantisme, et sur la plage comme dans les rues avoisinantes, près de trois-millions de pèlerins y ont dressé leur campement pour la nuit. À mi-course, arrimé solidement, un immense drapeau belge affronte les embruns matinaux. Il en a vu d'autres semble-t-il rappeler. Voici plus de deux semaines maintenant qu'il parcourt le Brésil avec la bonne centaine de jeunes francophones rassemblés par la conférence épiscopale.
"Le onze juillet", confient à ses pieds deux pèlerins belges, "nous sommes partis très curieux de ce que nous allions vivre. Le Brésil restait cet immense pays jamais foulé, et Goias, notre première étape, était encore il y a quelques semaines inconnue au bataillon de nos souvenirs". Aujourd'hui pourtant, les aventures liées à ce diocèse perché dans ses collines, tiendront bonne compagnie aux impressions qui s'amoncèlent sous le fanion des JMJ.
Les deux pieds dans Goias
"Chaque JMJ détient sa propre ambiance, mais les pré-JMJ que nous avons vécues ont été exceptionnelles", explique Hugues. "Nous avons été vernis ici", confirme Monseigneur Kockerols qui accompagnait le groupe. "Monseigneur Rixen, l'évêque du lieu, a pu nous montrer l'image d'une Église équilibrée entre la vie de prière et l'engagement de l'Église au service des pauvres et de la vie sociale".
Car là fut la clé de Goias: la prière et le social, les rencontres, la plongée vers l'Autre et les partages. Goias fut à la fois ce diocèse qui, guidé par la poigne de son évêque d'origine belge, est à la pointe du combat pour soutenir les paysans sans-terres, les drogués, les sidéens, les plus démunis; tout autant que cette communauté d'Églises qui nous attendaient avec impatience, et préparaient notre venue depuis des mois. "Accueillis par petits groupes dans des familles, des paroisses, une école agricole ou un centre pour drogués, tous nous sommes revenus marqués de nos quelques journées passées avec les Brésiliens qui nous accueillaient pour une semaine missionnaire". "Dans des contextes différents, nos expériences furent multiples, mais ce qui les a rassemblés, c'est le sens de l'accueil des Brésiliens qui nous a très fort touchés", continue Hugues. "Je ne sais pas par quoi est habité ce peuple", renchéri Patrick, "mais nous avons beaucoup à apprendre de leur générosité et de leur convivialité".
Guidés par les religieux du groupe, les jeunes aiguisent aussi leur cœur, et tentent d'éclairer par la foi ces réalités si prenantes qu'ils auront découvertes à Goias. "Nous catholiques, soyons fermement ancrés sur nos deux pieds", témoigne le Père Christophe. "Celui de la prière, et celui du rapport à l'Autre, au plus faible. Alors nous cheminerons en équilibre sur le terreau de la foi".
Sur la longueur d'onde Francesco
Le pape François pouvait-il mieux répondre à leur semaine, lui qui dès son arrivée plaidait pour une "société inclusive" qui offre à chacun la place qui lui revient, et lutte pour l'urgente défense de la vie en plénitude ?
"Ce qui se passe à Rio va mettre la pagaille", rajoutera François quelques jours plus tard. "Je ne sais pas ce qu'il a ce pape, mais il me touche profondément", raconte Morgane. Car cette pagaille, le pape la veut joyeuse et généreuse, et les jeunes accrochent. "Mettez le Christ dans votre vie comme on met du sel dans un plat trop fade", rappellera-t-il lors de la cérémonie d'accueil. "Allez vers l'autre", rappelle-t-il depuis son élection, et nous lutterons contre "la globalisation de l'indifférence". "C'est un pape exigeant" reconnaissent les pèlerins belges, "mais il nous donne envie de devenir meilleurs".
...
Retrouver la suite de cet article dans le Dimanche Paroissial n°26 (à paraître) ou sur notre boutique en ligne.
