Le 23 juillet, au cours d’un "débat ouvert" sur le Moyen-Orient, l’observateur permanent du Saint-Siège auprès des Nations unies, Mgr Francis Chullikatt (photo), a enjoint la communauté internationale à remédier au plus vite à la "situation intolérable" de la population syrienne, qui fait l’objet d’une "souffrance insupportable ".
Dans un long discours, Mgr Chulikatt a décrit la "souffrance insupportable" du peuple syrien. La "situation intolérable exige de notre part des mesures immédiates pour venir en aide au 1,8 million de réfugiés (…) qui cherchent actuellement paix et sécurité au Liban, en Jordanie, en Irak, en Turquie et en Égypte", a-t-il déclaré. Il a particulièrement déploré l’augmentation du nombre de morts chaque mois, qui atteint les 5.000 personnes depuis mars dernier.
Un impact dévastateur sur les chrétiens
Le diplomate du Saint-Siège a aussi voulu attirer l’attention de la communauté internationale sur "l’impact dévastateur du conflit sur la population chrétienne en Syrie". Le Vatican, a-t-il rappelé, est évidemment préoccupé "pour la paix et le bien-être de tous les peuples du Moyen-Orient, quelle que soit leur ethnie ou leur religion". Cependant, a-t-il précisé, la communauté chrétienne est "confrontée à de nombreux défis pour sa survie": d’une part, "les groupes extrémistes idéologiques qui cherchent à les éradiquer de la région", et d’autre part, "l’insécurité persistante pour les familles et leurs maisons".
Mgr Chullikatt a dénoncé "de nombreux actes odieux dont une longue série d’enlèvements de chrétiens, y compris les évêques, les prêtres et des meurtres horribles de civils innocents". Les exactions ont également lieu contre les lieux de culte, a-t-il ajouté, mentionnant "plus de 60 églises chrétiennes et établissements affiliés détruits". Pour le Saint-Siège, "il ne peut y avoir de progrès social et de justice sans accorder aux minorités religieuses et ethniques la place qui leur revient en tant que membres à part entière de la société".
Davantage de courage et de détermination
Mgr Chullikatt a enfin appelé la communauté internationale à "trouver le courage de résoudre ses différends et faire preuve de détermination pour préparer le chemin vers la tant attendue Seconde conférence de Genève". Cette dernière devait avoir lieu en juillet, mais les désaccords entre Russie et États-Unis n’ont pas permis sa tenue. Aussi, a-t-il invité tous les responsables à "s’abstenir d’entraver" les négociations. "La paix en Syrie nous rend tous gagnants, tandis que le conflit qui perdure ne garantit que des perdants", a-t-il conclu.
P. A. (avec Zenit et La Croix)
