La crainte des mouvements sociaux pourrait changer le programme du pape. La police a peur que celui-ci se retrouve "otage" des manifestations.
A quelques jours de l'arrivée du pape François pour les JMJ, à Rio de Janeiro, au Brésil, les risques de manifestations de rue préoccupent les autorités chargées de la sécurité du Saint-Père et pourrait entraîner une modification de son agenda. Les responsables de l'Agence Brésilienne d'Intelligence (ABIN), qui regroupe des effectifs de l'armée et de la police fédérale, discutent en effet sur d'éventuelles modifications de son programme avec les responsables de la sécurité du pape au Vatican pour préserver le cortège officiel et les fidèles.
Le palais du gouverneur pas assez sûr
La principale modification comprend la réception solennelle de bienvenue à François, en présence du gouverneur de l'Etat de Rio de Janeiro, et du maire, prévue à 17h ce lundi au Palais Guanabara, siège du gouverneur. Les policiers et les militaires estiment que l'édifice n'est pas sûr. C'est également dans ce lieu qu'est programmée la rencontre entre le Saint Père et Dilma Rousseff, la présidente du Brésil.
Appels à manifester
Le Palais est déjà régulièrement la cible de diverses protestations et manifestations contre les dépenses publiques engagées pour l'organisation de ce grand événement catholique et un appel à une grande manifestation circule déjà depuis quelques jours sur les réseaux sociaux. D'autres manifestations sont prévues. Mais qui sont ces manifestants? Parmi eux figurent les militants du mouvement Lesbienne-Gay-Bisexuel et Transexuel (LGBT). Objectif ? Dénoncer le conservatisme de l'Eglise catholique à l'égard des femmes et de l'homosexualité. Au moins cinq manifestations sont déjà planifiées sur les réseaux sociaux. Ils dénoncent également "l'homophobie croissante et le fondamentalisme religieux au Brésil".
Une manifestation contre la corruption, intitulée "Pape, regarde comme nous sommes traités", est prévue à Copacabana.
Des milliers d'activistes féministes devraient, elles aussi, se regrouper pour manifester.
Enfin, "face à la multiplication des manifestations et le contrôle policier important qui va en découler", le groupe des Catholiques pour le Droit de décider, en faveur de la fin du célibat des prêtres, l'accès des femmes à la prêtrise et la révision de la morale sexuelle au sein de l'Eglise catholique, entres autres points, a décidé de "décentraliser" ses mouvements de protestations.
Défilé en papamobile limité
Dès les premières manifestations au mois de juin, les autorités chargées de la sécurité avaient déjà envisagé de réduire au maximum les déplacements terrestres du pape à Rio de Janeiro. L'équipe craint en effet que le Saint-Père ne se retrouve retenu au milieu d'une manifestation. Résultat: des changements de programmes sont encore possibles. Des changements de lieux sont envisagés et les invités seraient informés au dernier moment. Par ailleurs, le défilé du pape François en papamobile, prévu le 27 juillet, à la sortie d'une messe célébrée à la Cathédrale Métropolitaine, devrait être limité à 1km.
Pas (trop) de policiers autour du Pape
Malgré ces menaces imminentes de manifestations, le Vatican souhaite pour sa part éviter le déploiement trop important de forces armées autour du souverain pontife. Le 16 juillet, la police fédérale a d'ailleurs reçu de l'Eglise la demande de ne pas avoir recours à l'équipe d'intervention tactique, formée par des policiers d'élite lourdement armés, dans le convoi qui va accompagner le pape François à Copacabana, pour la célébration de la messe sur la fameuse plage. Il n'y aura seulement que des policiers "simplement" armés dans des véhicules à proximité.
Apic/SB
