Le sort des réfugiés syriens préoccupe le pape


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Le sort des réfugiés syriens préoccupe le pape
Par Jean-Jacques Durré
Publié le - Modifié le
3 min

Le conflit syrien a fait des centaines de milliers de morts et de blessés, ainsi que des millions de réfugiés. Le pape François, comme le pape émérite Benoît XVI, a lancé des appels répétés pour mettre fin à l'effusion de sang. Le 5 juin dernier, il a renouvelé, devant les organismes caritatifs catholiques de la région, son appel au dialogue et à la fin des combats.

C’est sur un ton très personnel que le pape François a choisi, mercredi 5 juin, de s’engager pour la paix en Syrie. S’adressant aux organisations humanitaires catholiques engagées en Syrie et dans les pays voisins (qui coordonnent plus de 25 millions d’euros d’aide à destination de 450.000 personnes), il a commencé par évoquer les nombreux appels de son prédécesseur "pour que se taisent les armes" et que l'on parvienne à "une réconciliation en profondeur".

"Le salut de tous sera dans le dialogue"

S'adressant ensuite à la communauté internationale, il a demandé à ce que celle-ci se focalise sur deux points qui lui paraissent tout aussi importants l'un que l'autre: "la recherche d'une solution négociée du conflit" et "l'aide humanitaire aux personnes déplacées et aux réfugiés syriens". "Pour le Saint-Siège", a-t-il ajouté, "l’œuvre des Agences de charité catholiques est extrêmement significative: aider la population syrienne, au-delà des appartenances ethniques et religieuses, est le moyen le plus direct pour offrir une contribution à la pacification et à l’édification d’une société ouverte à toutes ses diverses composantes."

Nulle trace, donc, dans l’appel du pape, des deux évêques orthodoxes enlevés depuis le 23 avril, ni aucune désignation des exactions commises soit par le régime, soit par les opposants. Le Vatican a été échaudé par certaines prises de position des Églises orientales catholiques locales en faveur du régime du président Assad, qui avait stabilisé en leur faveur un régime juridique et financier sans équivalent dans la région, aussi bien que par des ralliements explicites d’autres responsables catholiques aux forces d’opposition syrienne. "Nous n’avons pas d’avis politique. Le salut de tous sera dans le dialogue", a d'ailleurs confirmé Joseph Farah au nom des Caritas du Moyen-Orient.

Encouragements aux communautés chrétiennes

Le Saint-Siège est conscient que ce nouvel épisode de l’affrontement multiséculaire entre musulmans chiites et sunnites risque de perturber les fragiles équilibres démographiques et politiques de la région. Voilà pourquoi la pensée du pape va aussi aux communautés chrétiennes qui vivent en Syrie et dans tout le Moyen-Orient, car elles "ont la grande tâche de continuer à rendre présent le christianisme dans cette région où il est né". "C'est l'un de nos engagements de favoriser la permanence de ce témoignage", a-t-il précisé.

Quant à la situation des réfugiés syriens, elle ne cesse de se dégrader. Les personnes qui avaient pu partir avec quelques économies arrivent maintenant au bout de leurs ressources. "Les séquelles humanitaires et sociales sont inimaginables", s'inquiète Joseph Farah. "On essaye de rassembler nos forces pour venir en aide aux populations, mais ce n'est pas facile, surtout au niveau sanitaire et de l'éducation des enfants. (…) Les gens se dévouent pour atteindre tout le monde, mais on atteint peut-être que 20% des personnes dans la misère."

P. A. (avec Zenit)


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