La tolérance peut aussi menacer la liberté religieuse…


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La tolérance peut aussi menacer la liberté religieuse…
Par Jean-Jacques Durré
Publié le - Modifié le
2 min

Pour le Saint-Siège, la liberté religieuse est menacée par la tolérance érigée comme valeur suprême. Cette dernière peut donner naissance à « une intolérance au nom même de la tolérance».

Au cours de la conférence internationale sur la tolérance et la non-discrimination, organisée par l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), à Tirana, en Albanie, du 21 au 22 mai 2013, Mgr Mario Toso, salésien de Don Bosco, secrétaire du Conseil pontifical « Justice et Paix », a pris la parole sur le thème de la « Lutte contre l'intolérance et la discrimination contre les chrétiens et les membres d'autres religions ».

L’évêque a constaté que depuis la dernière Conférence sur le même thème en 2010, l'intolérance et la discrimination contre les chrétiens « n’ont pas diminué, mais plutôt augmenté en divers endroits de la région de l'OSCE ».

Une menace grave

Le Saint-Siège a donc appelé à « mettre fin à l'intolérance et à la discrimination contre les chrétiens », et à permettre aux chrétiens « de parler librement, y compris sur des questions que le gouvernement ou d'autres peuvent trouver désagréables ». Il les a appelés à agir « selon leur conscience dans leur milieu de travail et ailleurs ».

Pour Mgr Toso, la discrimination contre les chrétiens est en effet une menace grave, tout comme l'antisémitisme et l'islamophobie. Il a estimé que la question de la liberté religieuse ne peut pas et ne doit pas être intégrée dans celle de la tolérance. Au contraire, cette dernière peut donner naissance à « une intolérance au nom de la tolérance ». Et d’ajouter : « Si, en effet, la tolérance est la valeur humaine et civile suprême, alors toute conviction authentiquement vraie, qui en exclut une autre, reviendrait à l'intolérance ».

Pour le Saint-Siège, la tolérance mène au relativisme, car à ses yeux, si toute conviction est aussi bonne qu'une autre, « on finit par être accommodant, même envers des aberrations ».

« Le droit de croire en Dieu et de pratiquer cette croyance est un droit humain fondamental et l’intolérance envers ce droit doit être publiquement condamnée », a insisté le secrétaire du Conseil pontifical « Justice et Paix».

La liberté religieuse limitée


« Dans la région de l'OSCE, une ligne de démarcation nette a été établie entre la croyance religieuse et la pratique religieuse, et on rappelle souvent aux chrétiens qu'ils peuvent croire ce qu'ils veulent dans leurs propres maisons, et adorer comme ils le souhaitent dans leur églises privées, mais qu'ils ne peuvent pas agir d'après ces croyances en public », a-t-il poursuivi, estimant qu’il s’agit là d'une torsion délibérée qui limite le sens de la liberté religieuse.

Zenit

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