Les murs divisant les quartiers protestants et catholiques de Belfast, ces vestiges de violences intercommunautaires qui ont fait 3500 morts en Irlande du Nord depuis les années 1970, vont être démolis… Les murs tombent, mais les violences demeurent.
L'annonce a été faite le 9 mai par le premier ministre de l’Irlande du Nord, le protestant Peter Robinson. Le gouvernement nord-irlandais s’est ainsi engagé à détruire les murs qui séparent quartiers catholiques et protestants à Belfast d’ici à dix ans. Le but est louable, certes. Il faut façonner une société cohérente qui puisse aller de l'avant et s'attaquer au fléau du sectarisme et du racisme, dixit Robinson.
Mais les tensions subsistent entre les deux communautés, quinze ans après l’accord de paix. Conclu en 1998, l’accord de paix en Irlande du Nord a conduit au partage du pouvoir entre protestants et catholiques dans la province britannique semi-autonome, mais des violences sporadiques se produisent encore. La décision du conseil municipal de Belfast, en décembre 2012, de ne plus faire flotter le drapeau britannique sur la mairie qu’occasionnellement, a suscité plusieurs nuits de violence provoquées par des loyalistes protestants.
La démolition des "murs de la paix" sera toutefois une étape symbolique, visant à faire re-cohabiter les deux communautés de l'Irlande du Nord.
Les premiers murs de la paix ont été construits en juillet 1972, par les forces de l’ordre, afin de remplacer les barricades élevées trois ans plus tôt par la population des "Interfaces"(quartiers mixtes habités par des catholiques comme par des protestants), et qui étaient destinées à protéger la population des affrontements entre les deux communautés. Composés de fer, de brique, de béton, d'acier, les murs peuvent atteindre une hauteur allant jusqu'à 7,5 mètres. On recense aujourd'hui 99 dans Belfast.
AL/La Croix

