Né en 1979 à Etterbeek, Bernard Bracke est ordonné prêtre le 25 septembre 2010. Il est aujourd'hui vicaire dans la paroisse Saint Etienne de Braine-l'Alleud. Itinéraire d'une vocation en quelques questions.
Bernard Bracke, quel a été votre cheminement ?
Déjà dans mes études secondaires, l'appel à la vocation sacerdotale a retenti en moi. Quelques intuitions, des rencontres, des événements, des personnes se sont faits échos de l'appel du Seigneur. Après mes études universitaires, je suis parti un an en Argentine. Là, j'ai su que j'allais entrer dans l'Eglise, mais je ne savais pas encore où, ni sous quel statut. En revenant en Belgique, il était clair pour moi que je serais prêtre diocésain et, en 2003, j'entrais au séminaire de Limelette.
Y-a-t-il parfois des périodes de doute ?
Bien sûr, tout au long du parcours, on se demande: "Pourquoi moi ? Suis-je vraiment fait pour ça ? En suis-je capable ?" Mais il y a des étapes à franchir qui aident à sceller l'engagement: les différentes années de séminaire, l'ordination diaconale, puis sacerdotale. C'est vrai qu'il y a des doutes à chaque étape, mais il faut faire le pas de s'engager; c'est la même chose dans la vie ou dans le mariage: il y a des doutes à affronter et des engagements à prendre. Une fois que vous vous êtes engagé, il faut approfondir son choix de vie.
Comment s'est passée votre insertion dans la paroisse Saint Etienne de Braine-l'Alleud ?
Dans ma paroisse, il y a le curé, deux vicaires et un diacre stagiaire. Je ne suis donc pas seul. J'ai été très bien accueilli par l'équipe et les paroissiens. Je me suis senti tout de suite à l'aise et on m'a confié des responsabilités ainsi que des missions. Je suis le prêtre de référence pour tout ce qui touche à la jeunesse: catéchèse de premières communions, équipe de confirmands, ados, mouvements de jeunesse, écoles, etc.
Comment réagissent les gens quand ils voient que vous êtes un jeune prêtre ?
En général, jeunes ou moins jeunes, ils sont étonnés. Etonnés aussi par le fait que je sois, non seulement jeune, mais belge. Ils se rendent compte que la question de la foi dans la vie consacrée est toujours actuelle, qu'elle peut intervenir à tout âge, partout, et même chez les Belges !
La société actuelle est assez hostile à ce choix, à la question de la religion et de l'Eglise. Au quotidien, je ne rencontre pas cette hostilité véhiculée souvent par les médias. Au contraire, les gens que je rencontre sont en général réceptifs, interpellés positivement. Jamais d'hostilité ouverte. Ils sont plutôt curieux.
Un bilan après trois ans de prêtrise ?
C'est un boulot magnifique. On est en contact avec plein d'hommes et de femmes d'âges, de conditions, de niveaux de foi différents. Etre à leur service; être là pour les encourager, les consoler, prier avec eux. Le travail ne manque pas. On n'a jamais fini d'être prêtre, d'évangéliser, de catéchiser… Il y a tant d'apostolats différents: les pauvres, les malades, les non-pratiquants, les jeunes, les personnes âgées, etc. C'est très varié.
Ici, dans le Brabant wallon, on a la chance d'être beaucoup de prêtres. Cela nous permet d'investir d'autres champs d'action, d'être en contact avec des écoles, des hôpitaux, des maisons de repos…
Quand le prêtre est seul en paroisse ou pour plusieurs paroisses, il ne peut pas être à l'écoute des personnes plus "à la marge" qui seraient contentes de voir qu'un prêtre s'intéresse à elles.
Le pape François disait récemment que l'Eglise doit être présente dans tous les milieux, même ceux qui ne sont pas en lien avec elle. Juste être là, attentif, accessible.
Manu VAN LIER/ Sylviane BIGARÉ
Retrouvez l'interview de Bernard Bracke ainsi que celle du séminariste, Jehison Rios, dans l'émission "Il était une foi" du dimanche 21/4 à 19h05 sur La Première (RTBF).

