Le cardinal argentin Jorge Mario Bergoglio devient le pape François


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Le cardinal argentin Jorge Mario Bergoglio devient le pape François
Par Jean-Jacques Durré
Publié le - Modifié le
4 min

Il aura fallu deux jours de conclave et cinq tours de scrutin pour choisir le successeur de Benoit XVI et le 266e pape de l’Eglise. Un conclave rapide donc, qui pourrait indiquer que le choix a été plutôt évident pour les 115 cardinaux électeurs. Certains attendaient un pape sud-américain, ils ont été exaucés puisque c’est l’archevêque de Buenos-Aires Jorge Mario Bergoglio qui a été choisi ! Une véritable surprise, jusque pour le nom qu’a pris le nouveau souverain pontife : François Ier.

Les caméras du monde entier ont scruté d’abord la cheminée de la Chapelle Sixtine, puis la place Saint-Pierre, noire de monde. Elles se sont ensuite tournées vers le balcon de la logia de la Basilique Saint-Pierre, où le cardinal protodiacre, le français Jean-Louis Tauran, a prononcé la célèbre formule latine : « Habemus Papam ».

Il a ensuite dévoilé le nom du nouveau souverain pontife, ainsi que le patronyme sous lequel il place son pontificat. Le cardinal Jorge Mario Bergoglio devient donc le pape François.

Le choix du nom est révélateur. En prenant celui de Franciscus (ou François) on pense évidemment à Saint François d’Assise, qui reste un véritable apôtre de la pauvreté et du dépouillement. Le nouveau souverain pontife est ensuite apparu au balcon, le visage visiblement ému. S’adressant aux fidèles rassemblés, il a adressé quelques mots et demandé de prier les uns pour les autres. Très simplement, il a demandé aussi aux fidèles de prier pour lui et de prier la Vierge Marie, avant de souhaiter en souriant une bonne nuit à tous.

La relative rapidité avec laquelle les cardinaux se sont prononcés s’explique sans doute par les congrégations qui ont été denses et ont duré une semaine, lesquelles ont sans doute permis de définir avec précision le profil idéal et les chantiers auxquels il devra s’atteler.

Mais, il faut le dire : le choix du cardinal Bergoglio est une triple première pour l’Eglise catholique. C’est la première fois qu’un Argentin accède au pontificat et c’est la première fois qu’un jésuite devient pape. S’il avait été considéré comme papabile pour la succession de Jean Paul II en 2005, il ne figurait pas cette fois-ci parmi les favoris, principalement en raison de son âge de 76 ans. Le choix d’un pape sud-américain – continent qui compte le plus de catholiques -, le premier non-européen depuis des siècles, est donc événement majeur, signe d’un nouveau souffle pour l’Eglise.

Réactions de Mgr Léonard et de Mgr Hudsyn

Interrogé sur les ondes de la RTBF, Mgr André-Joseph Léonard, a exprimé sa joie, tout en reconnaissant qu’il ne connaissait pas bien le nouveau souverain pontife. Il a estimé que le choix du nom de François Ier était significatif et plutôt sympahique.

Contacté par nos soins, Mgr Jean-Luc Hudsyn, évêque auxiliaire du Brabant wallon, s’est dit impressionné par le style sobre du nouveau pape. « Il s’est présenté d'abord comme évêque de Rome et a dialogué avec le peuple de Dieu », a souligné Mgr Hudsyn qui s’est dit aussi très touché par l’attitude humble du nouveau pape. « Avant de donner sa bénédiction, il a demandé, en s’agenouillant, à recevoir d’abord la bénédiction du peuple de Dieu. C’est très significatif ». Mgr Hudsyn est aussi touché par le nom de François, et même étonné qu’aucun pape n’ait choisi ce nom auparavant. « Le pape a parlé très sobrement et fraternellement. Il a un côté Jean XXIII. En tous cas, ces premiers signes sont pour moi très révélateur de ce que sera le pontificat », a conclu Mgr Hudsyn.

Mgr Harpigny : c’est magnifique !

Comme beaucoup d’observateurs, l’Evêque de Tournai, Mgr Guy Harpigny, a découvert le nouveau pape, mais, pour lui, ce qu’on en connaît déjà laisse présager un beau pontificat, malgré le paradoxe de l’âge : « On demandait un jeune, il a 76 ans. Mais on voulait un pape en phase avec la société et voilà quelqu’un qui a connu des moments difficiles en Argentine. Il se présente d’une manière très simple, comme évêque des Romains. C’est magnifique ! Un nouveau pape qui demande qu’on prie pur lui. Il ne vient pas de la Curie : il connaît l’Eglise au jour le jour. Tout cela est de bon augure », souligne Mgr Harpigny.

"Une immense joie"

Pour le père Tommy Scholtès, attaché de presse de la Conférence épiscopale et jésuite, l'élection de François Ier est "une immense joie". "Pas parce qu'il est jésuite", poursuit-il, "mais parce que c'est un vrai témoin de l'Evangile. c'est une chance pour l'Eglise et un tournant". Le père Scholtès estime que ce choix est significatif de ce que le travail effectué par l'archevêque de Buenos-Aires a été reconnu par ses pairs.

Jean-Jacques Durré

Catégorie : L'actu

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