C'était l'une des figures majeures des médias catholiques en Belgique. Philippe Mawet est décédé ce 20 juin 2026, 50 ans jour pour jour après son ordination sacerdotale. Ancien directeur de la RTCB (Radio Télévision Catholique Belge) et de RCF Bruxelles, il a longtemps été le curé de la paroisse Sainte-Alix à Woluwe-St-Pierre.
Le 27 juin prochain, une célébration à l'église Sainte-Alix était programmée pour marquer ses 50 ans de sacerdoce. Il avait été ordonné le 20 juin 1976. Philippe Mawet voulait une nouvelle fois rassembler ses paroissiens, ses amis et ses anciens collaborateurs pour "faire Église". La maladie ne lui aura pas laissé le temps de vivre ce moment de retrouvailles fraternelles. Réaliste sur son état de santé fragile, il écrivait dans l'invitation à cette célébration "je vis aujourd'hui sur le mode de la dynamique du provisoire. Cela ne m'empêche pas de faire des projets avec la lucidité que mon état de santé me permet".
Il avait fait de la parole un ministère. Prêtre passionné, communicateur infatigable, l’abbé Philippe Mawet laisse derrière lui une Église qu’il aura contribué à faire entendre – et aimer – bien au-delà des murs de ses paroisses.
Prêtre et journaliste : une même mission
Chez lui, la vocation sacerdotale n’a jamais été dissociée du goût de transmettre. Très tôt, c’est par la radio que cette intuition prend corps. À Louvain-la-Neuve, il fait ses premiers pas médiatiques dans une radio libre, où il reçoit les grandes figures du catholicisme. Une expérience fondatrice : « l’expression de ma vocation de prêtre s’est faite à travers les médias ». Ce double enracinement, prêtre et journaliste, va marquer toute sa vie. Les évêques lui confient la direction de la Radio Télévision Catholique Belge (RTCB), puis il devient une voix familière à travers ses présentations sur la RTBF de l’émission Le Cœur et l’Esprit. À RCF Bruxelles également, il imprime sa marque : « les médias sont au cœur de la pastorale… l’Église sans une présence dans les médias, ce n’est plus l’Église ». Une conviction qui aura contribué à inscrire durablement l’Église dans le paysage médiatique.
Les Fraternités du Bon Pasteur
Mais Philippe Mawet ne s’est jamais contenté de parler de l’Évangile : il a voulu le vivre concrètement. Il y a quarante ans, il fonde avec quelques familles les Fraternités du Bon Pasteur, à Woluwe-St-Pierre. Ensemble, ils imaginent une forme de vie chrétienne innovante, faite de proximité, de partage et d’ouverture. Dans cet habitat groupé, familles, célibataires, étudiants, personnes fragilisées ou réfugiés se côtoient au quotidien. Un lieu où « spiritualité, entraide et écologie s’entremêlent », signe tangible d’une Église fraternelle et accueillante.
La relation humaine en paroisse
Parallèlement à cet engagement médiatique et communautaire, Philippe Mawet est resté profondément un homme de paroisse. Curé de Sainte-Alix pendant 25 ans et responsable de l’Unité pastorale de Stockel-au-Bois durant 15 ans, il a exercé son ministère en mettant toujours en avant la relation humaine et la proximité. « Le curé est celui qui prend soin… rien de ce qui était vécu par un membre de ma communauté ne m’était indifférent », nous confiait-il. Attaché aux sacrements comme à la vie concrète des fidèles, il croyait en une Église ouverte, « lieu du tout-venant », attentive à ne jamais devenir « un club d’habitués ».
Une voix qui demeure
Jusqu’à sa retraite en 2023, à 75 ans, Philippe Mawet est resté fidèle à cette ligne : permettre à chacun de donner le meilleur de lui-même dans l’Église. Sa passion des médias s'est même prolongée au-delà de la retraite puisqu'il a porté jusqu'à aujourd'hui un dernier projet médiatique avec des rencontres inspirantes pour le podcast filmé Signes des Temps, diffusé sur Youtube.
Aujourd’hui, ceux qui l’ont écouté, rencontré ou simplement croisé gardent en mémoire un homme chaleureux avec une voix profondément enracinée dans le Christ. Une voix qui, désormais, continue de résonner autrement.
Manu VAN LIER
