La crèche de la Grand-Place de Bruxelles accueillie à Notre-Dame du Bon Secours


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La crèche de la Grand-Place de Bruxelles accueillie à Notre-Dame du Bon Secours
Par La rédaction
Publié le
4 min

La crèche de la Grand-Place de Bruxelles ne sera pas de retour pour les Plaisirs d'Hiver 2026. Victoria-Maria Geyer, créatrice d'Etoffes de la Nativité, se confie pour la première fois à La Libre sur la tempête qui l'a saisie en novembre. L'œuvre trouvera une seconde vie à l'église Notre-Dame du Bon Secours.

Le soir du 26 novembre 2025, Victoria-Maria Geyer était au théâtre. C'est en ressortant qu'elle a découvert la tempête : des dizaines d'appels, des messages, des journalistes. Dans les heures qui suivirent, la polémique engloutit la créatrice elle-même. Six mois plus tard, elle revient sur cette période pour La Libre et regarde vers l'avant.

Pourquoi la crèche ne reviendra-t-elle pas sur la Grand-Place ?

Lancée lors des Plaisirs d'Hiver 2025, l'"Etoffes de la Nativité" avait été conçue pour cinq années consécutives, pour un budget de 58.000 euros. Les personnages grandeur nature en lin, velours et satin, sans visage afin que "chacun puisse s'y reconnaître", avaient provoqué une controverse immédiate. Mais c'est la violence des réactions envers l'artiste qui a tout emporté.

Des accusations démesurées ont circulé jusqu'aux parlements. Des menaces de mort sont arrivées, ainsi qu'un niqab envoyé par la poste. La presse d'extrême droite française et internationale s'est emparée de l'affaire. Un conseiller en communication de crise a recommandé à l'artiste de ne pas répondre aux attaques, devenues selon lui irrationnelles. Elle a tenu bon.

C'est Victoria-Maria Geyer elle-même qui a demandé à la Ville de ne pas réinstaller l'oeuvre. La Ville de Bruxelles et l'archidiocèse de Malines-Bruxelles ont accepté.

Le vol du petit Jésus : une tradition vieille de vingt ans

La tête de Jésus avait été dérobée deux jours après l'installation. La presse internationale en avait fait une décapitation militante. La réalité est plus banale et plus belge. La Ville avait elle-même averti l'artiste avant le lancement : depuis une vingtaine d'années, un groupe franchit chaque nuit les barrières de la Grand-Place pour subtiliser l'effigie du Christ. La tradition. Victoria-Maria Geyer avait préparé des pièces de rechange. Le folklore a suivi son cours. Faute de le connaître, la presse étrangère l'a transformé en acte politique.

Une seconde vie dans une église qui cherchait une crèche

Benoît Lobet, doyen de la cathédrale, a confirmé qu'Etoffes de la Nativité connaîtra une seconde vie à l'église Notre-Dame du Bon Secours, rue du Marché au Charbon, un sanctuaire baroque du XVIIe siècle à quelques minutes à pied de la Grand-Place. L'église était précisément à la recherche d'une crèche.

L'artiste confie à La Libre que cette issue la réjouit : "Elle rentre dans le patrimoine belge. J'en suis fière et heureuse."

Un autre moment a aussi marqué les mois qui ont suivi. Grâce au soutien de Mgr Coppola, nonce apostolique en Belgique, ambassadeur du Saint-Siège dans notre pays, Victoria-Maria Geyer a été reçue place Saint-Pierre à Rome à la fin du mois d'avril. Elle y a salué le pape Léon XIV.

Notre-Dame du Bon Secours : une église habituée à accueillir

Située rue du Marché au Charbon, l'église Notre-Dame du Bon Secours est l'un des rares sanctuaires baroques bruxellois à plan central hexagonal. Elle doit son nom à une statue de la Vierge découverte en 1625 par le cordonnier Jacques Meeus et toujours vénérée dans le chœur. Construite entre 1664 et 1694, l'édifice a traversé les siècles en accueillant les pèlerins sur la route de Saint-Jacques-de-Compostelle, puis, dans les années 1970, les célébrations de la communauté marocaine de Bruxelles qui ne disposait pas encore de lieu de culte approprié. Elle reste aujourd'hui église paroissiale catholique du quartier.

Notre-Dame du Bon Secours : une église habituée à accueillir

Située rue du Marché au Charbon, l'église Notre-Dame du Bon Secours est l'un des rares sanctuaires baroques bruxellois à plan central hexagonal. Elle doit son nom à une statue de la Vierge découverte en 1625 par le cordonnier Jacques Meeus — toujours vénérée dans le chœur. Construite entre 1664 et 1694, l'édifice a traversé les siècles en accueillant les pèlerins sur la route de Saint-Jacques-de-Compostelle, puis, dans les années 1970, les célébrations de la communauté marocaine de Bruxelles qui ne disposait pas encore de lieu de culte approprié. Elle reste aujourd'hui église paroissiale catholique du quartier.

Et la crèche de la Grand-Place pour Noël 2026 ?

Le bourgmestre Philippe Close a confirmé que des réflexions sont en cours pour concevoir une nouvelle crèche pour les Plaisirs d'Hiver. Aucun projet n'a encore été annoncé. La Grand-Place, classée au patrimoine mondial de l'Unesco, retrouvera donc une autre Nativité pour les fêtes.


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