En mars dernier, vingt élèves de 5e secondaire du collège épiscopal du Sartay à Embourg (province de Liège) ont passé une semaine en Pologne et visité les camps d’Auschwitz-Birkenau. Ce projet, rendu possible par le soutien de Citoyenneté Mémoire Démocratie, a touché les élèves. Certaines tiennent ici à témoigner.
Le Projet Shoah mis en place depuis plusieurs années a pour but de transmettre la mémoire. Il permet aussi de mieux comprendre les événements de la Seconde Guerre mondiale, une période marquante du XXe siècle. Pour cela, il était essentiel pour les élèves d’avoir une vision globale de l’Holocauste. Cela s’est traduit par le visionnage du film Le Pianiste, la visite d’une exposition sur la Seconde Guerre mondiale à la Cité Miroir de Liège, la lecture de la bande dessinée Le Photographe de Mauthausen, ainsi que la visite du Fort de Breendonk. A travers plusieurs réunions, ils ont pu échanger sur ces événements et partager leurs points de vue. Le projet a abouti à un voyage à Cracovie. Les élèves y ont découvert l’histoire des camps d’Auschwitz-Birkenau, ainsi que d’autres événements liés à la guerre. Ce voyage leur a aussi permis de réaliser un travail de mémoire.
L’importance du devoir de mémoire
Lors de leur voyage, ils ont eu la chance de découvrir la ville de Cracovie à travers de nombreuses visites. Ils ont exploré l’ancien quartier juif de Kazimierz, le musée de l’usine d’Oskar Schindler ainsi que les camps d’Auschwitz-Birkenau. Grâce à ces visites, ils ont mieux compris le parcours des populations juives pendant la Seconde Guerre mondiale. Avant ce conflit, beaucoup vivaient dans le quartier de Kazimierz. Avec l’occupation nazie, ils ont été exclus de la société puis contraints de s’installer dans le ghetto de Podgórze, dans des conditions de vie très difficiles. La visite du musée de l’usine d’Oskar Schindler a permis d’approfondir cette période, en montrant comment certaines personnes ont tenté d’aider et de sauver des juifs en danger, notamment en les protégeant du travail forcé et de la déportation.
Par la suite, une partie d’entre eux ont été déportés vers des camps comme Auschwitz-Birkenau. Cette visite a illustré les conditions de vie des déportés. Sur place, il a été possible de voir les baraquements, ainsi que des milliers d’effets personnels ayant appartenu aux victimes. Certaines parties des camps ont été reconstruites afin de mieux saisir le fonctionnement, tandis que d’autres montrent les traces laissées par les crimes malgré les tentatives des nazis de détruire toute preuve à la fin de la guerre. Ce moment leur a permis de prendre conscience de l’ampleur des événements et de l’importance du devoir de mémoire.
"J’ai énormément de chance dans la vie"
Alisar, 16 ans: "J’ai eu la chance d’avoir été choisie pour participer à ce projet. Depuis toute petite, on me parlait souvent de la Seconde Guerre mondiale, mais étant une personne curieuse, je voulais vraiment comprendre et en apprendre davantage sur ce qui s’est passé. Les deux choses qui m’ont le plus marquée durant la visite des camps sont, d’abord, cette citation de George Santayana qui, traduite en français, signifie: "Ceux qui ne se souviennent pas du passé sont condamnés à le répéter." Cela m’a fait réaliser que ce projet est bien plus important que ce que je pensais, et qu’il est essentiel de continuer à rappeler ces tragédies aux générations futures, pour honorer les victimes et éviter qu’une telle horreur ne se reproduise.
La deuxième chose qui m’a vraiment touchée a été de voir des milliers d’effets personnels appartenant aux déportés: des chaussures, des valises, des photos et même des cheveux. Cela m’a profondément marquée et m’a fait prendre conscience de la réalité. Cette expérience m’a rappelé que tout peut basculer du jour au lendemain. On peut d’ailleurs le voir encore aujourd’hui avec les guerres actuelles. Alors, même si parfois on passe de mauvaises journées, je me rappelle que j’ai énormément de chance dans la vie, une chance que d’autres n’ont pas. Je pense que ce projet doit continuer pour sensibiliser les élèves. Je remercie en tout cas mes professeurs de nous avoir permis d’en apprendre davantage sur ce sujet."
"Ce voyage m’a particulièrement marquée"
Auréane, 16 ans: "La Seconde Guerre mondiale est un sujet qui m’intéressait déjà, que j’avais découvert plus jeune en cours, mais aussi à travers des films et des livres. J’ai donc été très chanceuse d’avoir pu participer à ce projet et de découvrir ces lieux, notamment à travers la visite des camps d’Auschwitz-Birkenau, du quartier juif et du ghetto. Le fait d’être sur place rend les choses plus concrètes et permet de mieux se rendre compte de ce que les personnes ont réellement vécu. En voyant le grand nombre d’objets personnels, de photographies et de portraits d’identité des déportés, j’ai pris davantage conscience du nombre immense de personnes enfermées et ayant souffert dans ces lieux. Ce voyage m’a particulièrement marquée et m’a permis de mieux comprendre l’ampleur de ce qu’il s’est passé. Ce type de projet est important, car il permet de perpétuer la mémoire d’une époque qu’il ne faut jamais oublier."
Se souvenir, c’est aussi une responsabilité. Celle de transmettre l’histoire pour éviter que de telles tragédies ne se reproduisent.
Titre, chapeau et intertitres sont de la rédaction
