Ce mardi, à la veille de son 75e anniversaire, Mgr Jean-Pierre Delville, évêque de Liège, a rassemblé quelques journalistes pour évoquer avec eux cette grande étape de sa vie et faire un premier bilan de son épiscopat.
C'est en 2013 que Jean-Pierre Delville est devenu évêque. A sa grande surprise d'ailleurs: même s'il est originaire du diocèse de Liège, ce professeur d'histoire du christianisme à l'Université catholique de Louvain ne se voyait pas remplacer Mgr Aloys Jousten, mais imaginait bien poursuivre sa carrière académique à Louvain-la-Neuve.
Des dossiers difficiles
Aujourd'hui, l'évêque déclare être habité "d'un sentiment très contrasté", tout de même "content d’être bientôt déchargé de certaines responsabilités qui peuvent parfois être stressantes.
Difficile de résumer treize années en quelques instants. "Il y eut beaucoup d’événements, beaucoup de rencontres, une somme impressionnante de choses", ouvre l'évêque. Qui se souvient tout de même de quelques dossiers difficiles qui se trouvaient sur sa table à son arrivée à l'évêché. La réduction du nombre de prêtres et leur vieillissement - "c'était quand même une angoisse". Mais aussi le sentiment de surcharge dont plusieurs prêtres étaient victimes. D'autres défis étaient davantage d'ordre matériel: l'avenir des églises ou les finances du diocèse.
L'un après l'autre, le jeune évêque fit face aux défis, pouvant s'appuyer dès le départ sur de nombreux soutiens. "J'avais la chance d'être originaire d'ici et j'ai tout de suite senti un très bon accueil, de la solidarité. Cela a permis de compenser les difficultés."
Heureux de son bilan
Avec un peu de recul, Jean-Pierre Delville se montre satisfait du travail accompli à la tête du diocèse. "Je suis heureux que mon épiscopat se soit bien déroulé. J’ai reçu des retours positifs et le bilan est positif." L'arrivée de prêtres d'origine étrangère, provenant essentiellement d'Afrique et de Pologne, a été d'une grande aide. Parallèlement, à l'initiative de son vicaire général Eric de Beukelaer, il a pris soin de créer un service d'accompagnement des acteurs pastoraux. L'évêque engagea des professionnels pour remettre les finances du diocèse à flot, et se lança aussi dans la création de fondations et la recherches de mécènes.
D'autres éléments ont été marquants: ses innombrables visites sur le terrain (notamment à l'occasion des confirmations), son engagement en faveur du dialogue interreligieux, les nombreuses responsabilités confiées aux laïcs et aux femmes. Parmi les moments forts, il se souvient aussi de crise du Covid et des terribles inondations de l'été 2021.
Un Liégeois à Liège?
Prévoyant (et conscient des petits soucis rencontrés actuellement par bpost), l'évêque est passé par les services de la nonciature apostolique pour remettre sa lettre de renonciation au Pape. "Dans cette lettre, j'ai pris soin de remercier le Pape François, qui m'avait nommé peu après son arrivée. J'ai aussi remercié Dieu lui-même de m'avoir accompagné. J'ai également demandé pardon pour mes lacunes et formulé des voeux d'espérances pour mon successeur, le diocèse et les personnes en souffrance."
Il est très probable que le pape Léon demande à Mgr Delville de rester en fonction dans l'attente de la désignation de son successeur. L'attente pourrait durer... un certain temps, d'autant que le nonce apostolique, à la manœuvre pour les nominations épiscopales, compte consulter très largement. Mgr Delville pourra-t-il faire connaitre ses souhaits par rapport à l'identité de son successeur? "J’ai naturellement voix au chapitre mais je ne sais pas si je serai écouté", répond-il. "Personnellement, j'ai envie que ce soit un Liégeois. Ce serait bien qu'on ait quelqu'un issu du diocèse dans au moins l'un des trois diocèses wallons. On a besoin d’un évêque qui ait des connexions locales, des atomes crochus avec les personnes du terrain."
Vincent DELCORPS
Dès la semaine prochaine, dans le journal Dimanche et sur www.cathobel.be, retrouvez un long entretien accordé par Mgr Delville à CathoBel.
