Ce mercredi 4 mars, la ministre de la Justice, Annelies Verlinden, recevra des représentants de l'Eglise belge et des victimes d'abus pour une concertation. Cette réunion, qui est une première du genre, sera certainement marquée par le diffusion, ce soir, de "Brief aan de paus" ("Lettre au pape"). Un nouveau documentaire sur les abus dans l'Eglise, diffusé sur la VRT-Canvas et présenté comme une suite de "Godvergeten". Que peut-on attendre de cette réunion tripartite pour la prévention des abus ?
Hasard du calendrier, c'est au lendemain de la diffusion de "Brief aan de paus", ce mardi 3 mars, qu'Annelies Verlinden rencontrera 12 représentants de victimes d'abus dans l'Eglise belge et plusieurs responsables de celle-ci, à savoir : Mgr Luc Terlinden, chargé de la gestion des abus au sein de la Conférence épiscopale, Bruno Spriet, secrétaire général de celle-ci, et Jessika Soors, coordinatrice de la Fondation Dignity, l'organisme indépendant chargé du suivi des victimes. La réunion se tiendra mercredi matin au cabinet de la ministre de la Justice.
Une future concertation entre Etat, Eglise et victimes
Cette rencontre entre des représentants de l'Etat, de l'Eglise et des victimes devrait poser les bases d'une future concertation entre ces trois "entités", en vue d'une plus grande efficacité dans la prévention des abus, l'écoute et l'accompagnement des victimes. Selon nos sources, chacune des parties commencera par y exposer ses priorités. La ministre devrait insister sur les principes mis en avant dans son document de politique générale : la place et le rôle central des victimes, une augmentation et un renforcement des Centres pluridisciplinaires de prise en charge des violences sexuelles, ou encore la mise en place d’un statut spécifique pour les victimes.
Les représentants de celles-ci devraient présenter trois priorités qui semblent rencontrer un large consensus parmi les personnes concernées : une hausse des indemnités forfaitaires (aujourd'hui plafonnées à 35.000 euros), une couverture du coût des soins psycho-médicaux, des prises en charge financières de la part de l’Eglise à assurer grâce à un organe de gestion indépendant.
Une politique de prévention plus rigoureuse
Quant aux responsables de l’Eglise, ils rappelleront vraisemblablement les objectifs de leur nouveau Plan stratégique d'action contre les abus, présenté le 15 décembre dernier, et préciseront les modalités concrètes qu’elle entend mettre en oeuvre dans le cadre de ce plan, qui repose sur plusieurs piliers : placer les victimes au centre des priorités, développer une politique de prévention rigoureuse à tous les niveaux de l'Eglise, une tolérance zéro, une plus grande transparence.
La concrétisation de ce plan implique la Fondation Dignity et sa coordinatrice nationale Jessika Soors, les divers points d’écoute en charge de l’accueil des victimes et des coordinateurs diocésains - dépendant chacun de leur évêque - qui seront notamment chargés de la formation à la prévention et au signalement, pour l’ensemble des agents pastoraux : prêtres, assistants paroissiaux, catéchistes, responsables de mouvements de jeunesse etc.
Pour nombre de victimes, le fonctionnement des points d’écoute et des coordinateurs diocésains manquerait encore de professionnalisme Les délais de réponse, par exemple, seraient souvent trop longs Pour y remédier, il s'agirait de préciser les fonctions et de recruter un nombre plus élevé de permanents rémunérés.
C.H.
