En cette période de l’Eglise, nous avons entendu les appels incessants du pape François et aujourd’hui continument insistants du pape Léon XIV. Ils nous invitent à nous lier et à nous engager sur la voie d’une Eglise qui opte en faveur des pauvres et des pauvretés environnantes de la nature, expurgés de toutes luxuriances publiques. Leur préférence va au cheminement d’amour en perpétuel renouvellement auquel nous sommes invités à tendre.
J’aime bien l’écrit de Lytta Basset, théologienne protestante pour qui l’insensé qui dit "qu’il n’y a pas de Dieu" est celui qui dévore les autres, en particulier les pauvres, les malheureux, les humiliés… et ne veut pas savoir que la Justice existe et que Dieu est du côté de la justice.
Au temps du courage de David qui fut un exemple du ’bas sur patte’ ayant entre autres affronté le géant Goliath, le peuple d’Israël préservé d’un génocide prit, cœur battant, grande confiance en ces mots: "Tu seras le berger d’Israël." Dans ce petit peuple d’Israël nous pouvons souvent lire par son récit mémoriel que David devint au fil des siècles l’image à tout niveau sentie comme la plus juste de Dieu en communion avec nous les humains.
Ne serions-nous pas dans l’embarras de clôturer chaque année liturgique par une affirmation que le Christ est Roi, et Roi de l’univers? Puissant? Potentat sur l’univers? Cette affirmation n’irait-elle pas à l’encontre de son désir permanent d’être plutôt porteur du message de la réalité du Christ qui ne semble pas vouloir se présenter sous l’angle de la suprématie?
Avec l’Evangile de ce dimanche, qu’est-ce qui fait autorité? N’est-ce pas dans le rai puissant d’un bougre épuisé, vulgairement mis en croix, à la vie toute broyée, toutefois cloué à simple portée de voix d’un condamné comme lui. C’est tout remué d’assister à une injustice à ses yeux flagrante que ce bougre put parler à Jésus pris par rageuse impopularité au même sort que lui?
Comme l’est l’amour en vérité, il extrayait de son cœur battant, en missionnaire aussi inattendu qu’extraordinaire, une invitation à un larron bien moins compréhensif tout l’enjeu de la conversion du monde. Contrairement à ceux qui s’en moquent, le disponible cœur humain est apte à aimer en toutes circonstances. "Tu ne crains donc pas Dieu?" Nous méritons le sort de la mise à mort, dit-il, pour ce que nous avons fait de mal aux autres en n’écoutant pas le souffle vivant dont nous bénéficiions.
Jésus, relève-moi quelles qu’aient pu être mes turpitudes: "Jésus, souviens-toi de moi qui n’ai aucun mérite à accrocher à la boutonnière, souviens-toi de moi quand tu viendras dans ton Royaume", que ce soit tôt ou plus tard.
Entendons que c’est dans le cri d’espérance du bougre entouré de gens brayant sans retenue, qui prenaient en dérision l’appel à aimer. Le message n’est-il pas suffisant pour nous éveiller et suivre royalement la vérité de Jésus, le Juste?
