On vient de vous demander d’être marraine ? Ou vous cherchez un parrain pour votre futur enfant ? Il est logique de se poser plein de questions. Le code du droit canonique et quelques experts nous aident à y voir clair.
1. Y a-t-il des conditions particulières pour être parrain ou marraine ?
Oui ! Cinq conditions sont explicitement requises par le droit canonique :
- avoir été choisi et être en capacité de remplir cette fonction
- avoir atteint l’âge de 16 ans sauf en cas d’exception validée par l’évêque diocésain, le curé ou le ministre du culte
- être catholique
- ne pas être sous le coup d’une peine canonique
- n’être ni le père ni la mère du baptisé.
2. Ne peut-on vraiment pas choisir un parrain ou une marraine qui n’est pas chrétien ?
Le code de droit canonique est explicite : "Un baptisé qui appartient à une communauté ecclésiale non catholique ne sera admis qu’avec un parrain catholique, et alors seulement comme témoin du baptême." En d’autres mots, un parrain ou une marraine non catholique sera considéré comme un témoin du baptême, voire, plus communément, comme un parrain ou une marraine de cœur.
Dans les fiches pratiques du Droit canonique, le canoniste Albert Jacquemin indique combien "l’Eglise ne conçoit pas le parrainage comme une simple fonction honorifique mais bien comme un engagement ecclésial impliquant la prise en charge spirituelle d’un baptisé".
3. Peut-on avoir deux parrains ou deux marraines ?
Voilà une interrogation bien contemporaine ! La réponse est… non ! On peut toutefois admettre qu’à côté d’une marraine, une autre femme soit présente en qualité de témoin chrétien du baptême. Par ailleurs, l’Eglise n’impose pas la présence d’un parrain et d’une marraine; une seule personne suffit.
4. Faut-il nécessairement recourir à la famille ?
Non. Il est révolu le temps où les grands-parents étaient commis d’office pour les aînés de leurs petits-enfants. Longtemps, et encore de nos jours, la présence d’un parrain et d’une marraine permettait aussi de choisir un représentant des deux branches familiales. Il n’y a pourtant là aucune obligation. Ce qui importe vraiment, c’est l’engagement spirituel de la personne choisie.
5. Peut-on refuser d’être parrain ou marraine ?
Oui. Il ne s’agit en aucun cas d’une obligation. Certains événements personnels ou familiaux peuvent conduire des personnes à décliner une demande. Un tel refus ne témoigne pas nécessairement du désintérêt, mais plutôt de la clairvoyance, par exemple sur un éventuel manque de disponibilité ou un trop grand éloignement géographique.
6. Comment préparer le baptême de son filleul?

Le baptême d’un enfant est une merveilleuse occasion de rencontrer la communauté paroissiale environnante. C’est ainsi que de nombreuses unités pastorales ont mis sur pied des rencontres dédiées aux jeunes familles, une manière de mettre du sens sur les gestes posés et d’assurer un accompagnement dans la durée. Par ce premier sacrement, les baptisés deviennent membres d’une communauté. Le parrain et la marraine sont généralement invités à prendre une part active à la célébration. "Pendant la célébration du baptême, le parrain et la marraine proclament la foi de l’Eglise", souligne le chanoine Alain de Maere, curé de la paroisse Sainte-Gertrude à Tubize. Il indique aussi combien en menant une vie chrétienne, ils sont en mesure de "témoigner de façon cohérente et vraie auprès de leur filleul". Et de préciser : "Le rôle du parrain et de la marraine n’est pas seulement spirituel, mais aussi humain. Il consiste à créer avec son filleul un lien personnel d’affection, un climat de confiance et de compréhension qui prend des formes différentes selon l’âge de l’enfant et qui peut être considérable dans les moments difficiles ou de questionnements".
7. Un parrain ou une marraine peut-il être absent lors de la cérémonie ?
Oui, en cas de circonstances exceptionnelles. Comme le souligne encore le père Albert Jacquemin : "Si, pour une juste cause, un parrain ou une marraine ne peut être présent lors de la cérémonie du baptême, il peut se faire représenter. Dans ce cas, bien qu’absent, il est le parrain canonique." La présence d’un témoin est toutefois obligatoire afin d’attester de l’administration du baptême. Une telle exigence est liée au caractère public du baptême.
8. Etre parrain d’un nouveau-né ou d’un catéchumène, est-ce la même chose ?
Il existe une différence notable : en général, le catéchumène choisit lui-même ses parrain et marraine, ce qui n’est pas le cas du nouveau-né. "Il peut arriver que le catéchumène ne soit pas à même de choisir un parrain, surtout s’il est issu d’un milieu non chrétien", indique toutefois Alain de Maere. "Il peut alors faire appel à un membre de la communauté chrétienne formé et habilité à assumer cette mission." Pour le reste, la mission reste fondamentalement la même. "Il est vraiment souhaitable aussi bien dans le cas d’un petit enfant que d’un catéchumène que le parrain prenne part à la préparation du baptême", reprend Alain de Maere. "Et qu’après le baptême, il ait à cœur de prier avec son filleul, de l’introduire dans la vie ecclésiale locale mais aussi de l’ouvrir au-delà de sa communauté locale en l’entraînant dans divers rassemblements d’Eglise."
9. Que se passe-t-il si le parrain ou la marraine décède ?
Officiellement, rien ! Animatrice en pastorale, Valérie Bralion travaille dans le service de catéchèse lié à l’initiation chrétienne et au service du catéchuménat du diocèse de Tournai. "Si on le souhaite, une autre personne peut être choisie, sans rituel particulier", nous explique-t-elle. "Si on a envie ou besoin d’une autre personne, on trouve quelqu’un dans la famille ou dans la communauté paroissiale, là où on se nourrit de la Parole de Dieu et où on vit quelque chose ensemble."
A noter qu’en cas de décès des parents, il ne revient pas forcément au parrain ou à la marraine d’assurer la subsistance du filleul mineur, qui peut être placé sous la responsabilité d’un tuteur légal.
10. Le parrain de confirmation doit-il être le même qu’au baptême ?
Non, il n’y a aucune obligation en la matière. Ces dernières années, cette tendance semble s’accentuer. Notons cependant qu’un tel choix peut froisser le parrain ou la marraine de baptême, si celui-ci s’est sérieusement investi dans le chemin de foi de son filleul…
Angélique TASIAUX

