Maredsous : Une nouvelle bière pour rafraîchir la basilique


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Maredsous : Une nouvelle bière pour rafraîchir la basilique
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Par Jean Lannoy
Journaliste Multimédia CathoBel
Publié le
3 min

A Maredsous, une nouvelle bière vient de naître. Elle s'appelle La Basilique. La commercialisation de cette bière au goût inédit doit permettre de financer un vaste chantier de restauration de l'église abbatiale, instituée comme basilique depuis bientôt 100 ans.

C'est en 1926 que le pape a accordé à l'église abbatiale de Maredsous le titre de basilique. Mais le bâtiment en lui-même a presque 140 ans. De l'extérieur, il a l'air en pleine forme, mais une fois entré dedans, on peut observer les outrages du temps et de l'humidité.

Pour rénover cette basilique, les moines, sous l'impulsion du nouveau père abbé François Lear, ont initié un ambitieux programme de restauration intitulé Basilique 2030. Et pour soutenir ce projet à la fois patrimonial et spirituel, des appels aux dons sont lancés, ainsi qu'une nouvelle bière qui vient de voir le jour. Son nom: La Basilique.

Elaborée en collaboration avec la Brasserie de Maredsous, cette blonde inédite est conçue comme un produit collector, au profit du projet de rénovation. Elle sera officiellement présentée ce dimanche 13 octobre, lors d’une messe solennelle à l’abbaye, suivie d’une dégustation.

"La Basilique, c’est une bière à l’amertume marquée, mais avec un goût surprenant en bouche. On espère qu’elle permettra de récolter des fonds pour un chantier vital", explique le père abbé François Lear, à la tête de la communauté depuis décembre dernier. "Les moines faisaient jadis de la bière pour compenser l’absence de viande. Aujourd’hui, on la relance non pas pour les vitamines… mais pour financer la restauration." Un verre collector sera également proposé à la vente pour soutenir cette cause.

Un chantier à cœur ouvert

Car derrière cette initiative conviviale, c’est tout un pan de l’histoire religieuse et architecturale belge qui est en jeu. Si la façade de l’église néogothique semble tenir bon, l’intérieur montre de sérieux signes de fatigue: murs qui s’effritent, peinture qui s’écaille, vitraux fragilisés. Le projet baptisé Basilique 2030 vise à redonner vie à ce lieu emblématique, centre spirituel de l’abbaye et cœur battant de la communauté bénédictine.

Les travaux s’étaleront sur plusieurs années et concerneront notamment les toitures des tours et chapelles, le rejointoiement des murs, la protection des vitraux et le traitement des pierres. Un appel aux dons est lancé, à travers des bornes installées sur le site, mais aussi via des partenariats avec des fondations et des mécènes.

Un projet de foi et d’espérance

"Ce chantier, c’est un signe de vie. Il exprime notre foi en l’avenir, malgré le vieillissement de la communauté", confie le père abbé. "La basilique, c’est le lieu où nous prions chaque jour pour le monde. Elle irrigue toutes les autres activités de l’abbaye."

A Maredsous, plus de 200 personnes travaillent chaque jour, entre collège, hôtellerie, fromagerie, artisanat ou accueil touristique. Pour permettre aux moines de se recentrer sur leur vie spirituelle, une nouvelle gouvernance a été mise en place avec un directeur général pour les activités économiques. Le but: préserver l’équilibre entre traditions monastiques et exigences contemporaines.

"Ce site est un lieu d’accueil pour tous", insiste le père abbé. "Je crois qu’il est essentiel que les gens puissent y découvrir la beauté, le silence, une valeur importante dans un monde dans lequel on est harcelé par le bruit. Et peut-être se laisser questionner dans sa vie par quelque chose d'autre que nous appelons Dieu, quelqu'un d'autre que nous appelons Dieu, quelque chose de plus grand qu'humain."

Retrouvez l'interview du Père Abbé François Lear en vidéo :

Jean LANNOY

Catégorie : Belgique

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