A l’occasion du Grand Pardon de Sainte-Anne-d’Auray, une messe pontificale a été célébrée au mémorial du sanctuaire. Le cardinal Robert Sarah y était l’envoyé spécial du pape Léon XIV. Dans une homélie prononcée devant plusieurs milliers de personnes, le cardinal guinéen a redéfini les contours de la religion catholique et lancé un appel à l'adoration, "unique remède au désespoir". Des propos qui n'ont pas laissé indifférent...
Cet été marque le quatrième centenaire des apparitions de sainte Anne en terre morbihannaise à Yvon Nicolazic. Celles-ci ont eu lieu dans les années 1623 à 1625. Pour célébrer le jubilé des apparitions, une troménie - procession itinérante - a été organisée dans le diocèse de Vannes. Tirée par un cheval de trait breton, une calèche avec une statue de sainte Anne a ainsi fait le tour du diocèse du 7 mars au 25 juillet.

🎬 Découvrez la troménie de Sainte-Anne
Lors de l’homélie prononcée le 26 juillet au mémorial du sanctuaire, le cardinal Robert Sarah, préfet émérite du Dicastère pour le culte divin et la discipline des sacrements, a insisté sur la sacralité du lieu : "Dieu a choisi cette terre pour en faire un lieu saint, Dieu a voulu qu’une parcelle de votre terre, une parcelle de votre pays, la France, soit un lieu sacré, un lieu réservé".
Poursuivant sa réflexion, le cardinal guinéen a relevé que "Rendre gloire à Dieu n’est pas un choix optionnel, c’est un devoir, une nécessité. Il est très important d’en reprendre conscience, surtout dans vos sociétés qui ont tendance à considérer Dieu comme mort, inutile, sans intérêt." Voilà l’occasion de définir ce que le prélat considère comme une vision erronée de la religion en Occident.
🔎 Pourquoi le cardinal Sarah a-t-il été envoyé à Sainte-Anne-d'Aray ?
Une définition de la religion
"La religion est assimilée à des actions humanitaires, à des actes de bienfaisance, d’accueil des migrants et des sans-abri, à la promotion de la fraternité universelle et à la paix dans le monde. La spiritualité serait une forme de développement personnel, elle serait là pour apporter un peu de soulagement à l’homme moderne tendu vers ses activités politiques et économiques habituelles. Même si ces questions sont importantes, cette vision de la religion est fausse." Pour le cardinal Sarah, une seule issue : "Ce qui sauvera le monde, c’est l’homme qui se tient à genoux devant Dieu pour l’adorer et le servir." Car, poursuit-il : "C’est à genoux devant Dieu que l’homme découvre sa véritable grandeur et sa noblesse. Et si nous n’adorons pas Dieu, nous finirons par nous adorer nous-mêmes." En référence à l’actualité française, le cardinal ajoute : "Ne profanez pas la France avec vos lois barbares et inhumaines qui prônent la mort alors que Dieu veut la vie. Ne profanez pas la France car c’est une terre sainte, une terre réservée à Dieu. La Bretagne est une terre sacrée et doit demeurer une terre sacrée, une terre réservée à Dieu, Dieu doit y avoir la première place."

Et d’ajouter : "Nos églises ne sont pas des salles de spectacle, ni des salles de concert ou d’activités culturelles ou de divertissements". Estimant que les lieux sacrés sont pleine propriété de Dieu, le cardinal pose une définition de la liturgie qui a "pour objectif la gloire de Dieu et la sanctification des fidèles". Et de conseiller aux fidèles présents de ne pas profaner leur âme en l’abandonnant "aux passions désordonnées et à l’esprit du monde". La solution ? Se réserver quotidiennement "un vrai temps de prière intense silencieuse, il est temps d’expulser les idoles de l’argent, des écrans, de la séduction facile et vulgaire", ajoute-t-il.
« Ne volons pas à Dieu le sanctuaire sacré de notre âme. »
Des réactions contrastées
Sur les réseaux sociaux, l'essayiste Michel Cool a réagi le 27 juillet, en caractérisant les propos du cardinal Robert Sarah comme ceux "d’un autre âge du catholicisme" et d'une Eglise "qui se serait congelée dans les habits et les sermons d’une chrétienté révolue". La présence du prélat en Bretagne a représenté, pour lui, une opportunité de propager ses convictions. Et Michel Cool de citer, en contrepoint, Luigi Maria Epicoco : "Sans l'expérience de l'amour, tout devient injustice, tout devient problématique, tout devient prétention".
🔎 Michel Cool: "Il faut inventer de nouvelles manières de parler de l'Evangile"
Autre réaction avec le théologien Emmanuel Tourpe, qui souligne une "magnifique coïncidence" dans l'agenda hexagonal de trois événements qui ont réuni, chacun, 20.000 personnes, entre Sainte-Anne-d'Auray, les scouts de France et les jeunes partis au Jubilé des jeunes à Rome. Trois événements qui montrent trois visages d'Eglise : "l’un plus traditionnel, l’autre plus investi dans le social, le troisième d’un dynamisme spirituel impressionnant. C’est beau !", estime-t-il.
A. T. avec Aleteia et le sanctuaire de Sainte-Anne-d’Auray
