Transmettre la Parole, une véritable mission


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Transmettre la Parole, une véritable mission
Moine de l’abbaye de Scourmont, le père Jacques Pineault a écrit ce livre pour aider les lecteurs à faire croître Dieu en eux, grâce à leurs sens davantage que par leur intelligence.
Par Angélique Tasiaux
Journaliste de CathoBel
Publié le
3 min

Il y a quelques mois, le père Pineault a publié un livre intitulé Dans les pas du Christ.

CathoBel : Comment est venue l’idée de ce livre?

Jacques Pineault : Je l’ai écrit en quelques mois, l’an passé. J’ai eu à prêcher, à donner des conférences, à réfléchir, à écrire… Et, à un moment donné, j’avais accumulé de la documentation. L’intuition m’est alors venue d’écrire un livre, parce qu’il y a un genre de pratique religieuse que les gens ont abandonnée, comme l’oraison pendant deux heures ou la récitation du chapelet. Mais tous ces gens-là ont besoin de connaître qu’ils sont capables de rencontrer Dieu dans la vie de tous les jours. Et la meilleure façon de percevoir Dieu, puisque le Christ est incarné, c’est par nos sens. Voilà l’intuition de base que j’ai étoffée à travers des articles ou des conférences que j’avais prononcées. C’est mon expérience de Dieu qui peut servir à quelqu’un d’autre, pour éclairer sa propre expérience de Dieu. Parce qu’on ne fait pas tous la même expérience, on a chacun notre histoire avec Dieu, et Dieu a aussi une histoire avec chacun et chacune d’entre nous. La meilleure façon d’y arriver, c’est de se contenter d’être soi-même devant Dieu.

Vous y revenez sur un passage de l’évangile de Luc qui vous touche particulièrement…

Le bon larron qui meurt sur la croix représente toute l’humanité, l’humanité pécheresse, qui a commis des bêtises, qui a voulu le bonheur, s’enrichir, jouir de la vie… et qui finalement se retrouve condamnée et suppliciée. Dans le supplicié à ses côtés, le bon larron reconnaît le fils de Dieu. Il y a une transmission, un contact entre ce larron et le Christ qui est purement extraordinaire. Pour moi, cela exprime un sommet de l’histoire de l’humanité, parce que le Christ non seulement accepte son amitié, mais Il lui offre la sienne. C’est l’amitié de Dieu et de l’humanité. Le Christ nous sauve de ce qui nous manque. Et Il fait de nous son ami et nous accueille dans son paradis. Moi je trouve que c’est une image extraordinaire, puisque le Christ est venu parler de l’amour du Père à l’ensemble de l’humanité. 

Pour témoigner de votre foi, vous adressez aussi des chroniques hebdomadaires. 

Au point de départ, c’était simplement pour donner des nouvelles à ma famille, quand je suis arrivé en Europe. Et puis, c’est devenu de plus en plus spirituel. Pour un moine, c’est une façon d’accomplir un certain ministère, puisque je ne le fais pas uniquement par la chronique, je le fais aussi par Facebook. Tous les jours, j’y publie l’Evangile et un commentaire. Et toutes les fins de semaine, mes homélies et ma chronique sont publiées sur Facebook et sur le site de notre abbaye. Au départ, j’étais un peu hésitant. Et puis, l’accueil est tellement positif, parce qu’il y a plus de gens qu’on pense qui cherchent Dieu, qui cherchent à améliorer leur foi ou à vivre quelque chose d’important. Ne pas simplement manger, puis dormir! Mais ces gens ne trouvent pas de sources ou celles qu’ils pourraient trouver ne leur conviennent pas. Au XXIe siècle, les moyens de communication sont à notre portée; il faut savoir les utiliser si on veut rejoindre le plus grand monde possible. C’est un ministère qui est discret. Un moine peut le vivre, pour autant qu’il y ait quelque chose à dire.

N’est-ce pas trop prenant cette contrainte quotidienne ou hebdomadaire? 

J’en ai pris mon parti! Les homélies et la chronique, autrement dit la transmission de la Parole, c’est ce qui me prend le plus de temps. Mais j’ai été ordonné prêtre pour l’enseigner! 

A.T.

Catégorie : Culture

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