Grand entretien avec Hélène Michon : « La foi prend racine dans le cœur et non dans l’intelligence »


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Grand entretien avec Hélène Michon  : « La foi prend racine dans le cœur et non dans l’intelligence »
Par La rédaction
Publié le - Modifié le
2 min

Dans son dernier ouvrage, la philosophe française Hélène Michon analyse les raisons de l’indifférence spirituelle de notre époque. Blaise Pascal pourrait-il convertir les hommes d’aujourd’hui? Qui sait?
Il peut en tout cas nous aider à voir les traces d’un Dieu qui se donne dans le clair-obscur de nos vies…

En compagnie du célèbre auteur des Pensées, Hélène Michon invite l’homme à tisser une relation d’amitié avec Dieu. DR

Né en 1623, mort en 1662, Blaise Pascal est une grande figure de la philosophie de son époque. Durant une bonne partie de sa courte vie, l’homme fut habité d’un profond désir de Dieu. Dans Se convertir à Dieu avec Blaise Pascal, la philosophe Hélène Michon analyse aujourd’hui les raisons de l’indifférence spirituelle qui marque notre temps. "A quoi bon Dieu? Je n’ai pas le temps"… En compagnie du célèbre auteur des Pensées, elle invite l’homme à tisser une relation d’amitié avec Dieu. Une relation semblable à celle qui s’établit entre deux amis, pourvu qu’ils soient égaux et chacun désireux de vérité. Une relation où personne ne s’impose, pas même Dieu.

Le désir de Dieu innerve l’œuvre de Blaise Pascal. Son œuvre n’est plus lue par la plupart de nos contemporains. En quoi peut-il encore faire écho en nous?

Consciente de cet éloignement potentiel, je me suis d’abord longuement penchée sur les obstacles qui empêchent la foi en m’inspirant de son œuvre. Le premier obstacle que je perçois peut être résumé ainsi: "Dieu? Je n’en ai pas besoin."
En effet, notre monde contemporain est marqué par un sentiment de satisfaction. Ce sentiment superficiel de plénitude provient de la grande richesse matérielle dont nous jouissons et a pour conséquence également d’éteindre, bien souvent, la curiosité intellectuelle. Le monde de Pascal était marqué lui par une omniprésence de la pauvreté ou du manque qui interpellait et poussait à sortir de soi, que ce soit par charité ou par désir de comprendre. Or la foi est sortie de soi, la foi est désir de comprendre. Le peu d’expérience que nous avons du manque aujourd’hui ne parvient pas à déstabiliser cette fausse satisfaction.

Propos recueillis par Laurence D’HONDT

Hélène Michon, "Se convertir à Dieu avec Blaise Pascal", Editions du Carmel, mars 2023, 21 euros.

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Catégorie : L'actu

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