Commentaire de l’évangile du 7e dimanche de Pâques A : « Je resplendis en eux »


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Commentaire de l’évangile du 7e dimanche de Pâques A : « Je resplendis en eux »
Par Angèle Mamuza
Publié le
3 min

En ce temps-là, Jésus leva les yeux au ciel et dit: "Père, l’heure est venue. Glorifie ton Fils afin que le Fils te glorifie. Ainsi, comme tu lui as donné pouvoir sur tout être de chair, il donnera la vie éternelle à tous ceux que tu lui as donnés..." Voici les premières phrases de l'évangile de ce jour et la réflexion de notre commentatrice à son propos...

Dans l’entre-deux, comment vivre? Après un départ, une absence, un deuil, différents moments se succèdent, voire s’entrechoquent. Le temps du silence et du repli sur soi. Le temps des échanges, où les proches se risquent, du mieux possible, à une parole. Qui n’a pas fait l’expérience de mots malheureux qui n’ont en rien apporté réconfort mais ont creusé davantage la douleur du moment? Qui n’a pas fait l’expérience d’un alignement forcé de mots maladroits? Comme il est difficile d’exprimer sa communion, son désir d’être là, mais sans peser, sans rajouter de la peine à la peine!

Ce dimanche, dans l’entre-deux Ascension/Pentecôte, la liturgie nous propose un extrait du chapitre 17 de Jean. C’est un peu comme un retour en arrière (avant la Passion et la mort du Christ), comme s’il était bon de se remémorer les paroles prononcées dans ces moments ultimes. Alors qu’il est menacé de toutes parts, que l’étau se resserre autour de lui, les mots de Jésus sont des mots de prière. Dans l’ultime, il s’adresse au Père. Non pas pour parler de lui-même, de ses angoisses, mais par souci de ses disciples, qui auront à vivre sa mort violente et l’absence. S’il s’adresse à son Père, c’est aussi pour que ses disciples entendent!

De manière inattendue dans ce contexte tendu, un mot revient à plusieurs reprises, comme une lame de fond: glorifier. Souvent utilisé par l’évangéliste, il constitue une clé de lecture essentielle, en lien avec la thématique de l’heure: l’heure de la glorification.

Sommes-nous familiers de ce mot? S’il est vrai qu’au cours de l’Eucharistie nous chantons "Gloire à Dieu au plus haut des cieux" et qu’en conclusion de la prière eucharistique nous proclamons ensemble "car c’est à toi qu’appartiennent le règne, la puissance et la gloire", reconnaissons qu’il nous est difficile d’exprimer et d’expliciter ce qu’est cette gloire! Voici encore un mot si souvent utilisé que l’on ne comprend plus bien.

La gloire, au sens biblique, représente quelque chose qui a du poids. Non pas comme une lourdeur, mais plutôt comme une importance signifiante qu’il ne faudrait pas négliger. Ainsi l’affirme le psaume 28 (29): Et tous dans son temple s’écrient "Gloire!". Il s’agit ici de reconnaître une gloire attribuée à Dieu. Comment réentendre ce mot aujourd’hui? D’autres traductions se risquent à un renouvellement, ajoutant l’idée d’éclat et de lumière. Par exemple "fais-moi resplendir de la splendeur que j’avais auprès de toi". Ou encore: "montre l’éclat de ta gloire". Ici, c’est en tant que verbe d’action que le mot est utilisé. Tantôt le Père, tantôt le Fils en sont les sujets, et réciproquement. Cette gloire n’est pas statique, elle se communique. Et une fois Jésus monté aux cieux, elle ne disparaît pas, elle ne se restreint pas. En effet, au terme de sa prière pour ceux que le Père lui a donnés, Jésus affirme: je suis glorifié en eux. Autrement dit: je resplendis en eux.

Accueillons cet éclat et cette lumière, dans sa densité, et n’hésitons pas à la partager.

Marie-Thérèse HAUTIER

Catégorie : L'actu

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