La 22ème assemblée générale de Caritas Internationalis a commencé à Rome avec la participation de 400 délégués. Au cours de la rencontre, les dirigeants de la confédération Caritas seront élus pour les quatre prochaines années, jusqu'en 2027. Tous vont essayer de "Construire de nouveaux chemins de fraternité", après une grave crise traversée depuis six mois.

La réunion qui s'est ouverte ce jeudi 11 mai à Rome, pour cinq jours, pourrait n'être que la 22ème assemblée générale de Caritas Internationalis. Cela explique la présence de 400 délégués représentant les 162 antennes de la Caritas, qui agissent dans 200 pays et territoires du monde entier.
Cette réunion consiste surtout en l'élection d'une nouvelle équipe dirigeante six mois après la mise sous tutelle de Caritas Internationalis. Le 22 novembre 2022, le cardinal Tagle lisait un décret mettant brutalement fin au mandat de l’équipe dirigeante et sa propre éviction du poste de Président de Caritas Internationalis (qu'il occupait depuis 2015).
Les explications sur la mise sous tutelle décidée par le pape François
La délicate articulation entre les Caritas locales et le secrétariat général
L’un des principaux enjeux de la crise actuelle est l’articulation de la relation entre Rome et les Églises locales, confrontées à des réalités complexes et disposant de moyens très variables. Selon le site de Caritas Internationalis, le secrétariat général de la Confédération Caritas «coordonne la réponse aux urgences majeures, les activités de plaidoyer et de communication, la représentation internationale et le renforcement des capacités». Il s’agit en réalité d’une structure relativement petite, par rapport à l’ampleur des Caritas nationales, liées aux conférences épiscopales.
Ces antennes de Caritas constituent des réalités très différentes. En France, le Secours catholique, en dehors des coordinateurs et des animateurs actifs au niveau diocésain, repose très largement sur le bénévolat dans les paroisses: il compte au total près de 68.000 bénévoles répartis en 4.000 équipes locales.
Les enjeux se situent à une autre échelle en Allemagne, où le puissant réseau de la Caritas est l’un des principaux employeurs du pays, avec plus de 500.000 salariés, et autant de bénévoles. Créée dès la fin du XIXe siècle, la Caritas allemande avait été reconnue par l’épiscopat allemand en 1916 comme l’aile sociale de l’Église catholique.
Les Caritas nationales «s’engagent à une bonne gouvernance, à la transparence et à rendre des comptes selon les normes de Caritas Internationalis», indique le site de l’organisation. Cet enjeu de la reprise en main des finances semble au centre de la mise sous tutelle de la confédération, dans la ligne des décisions drastiques prises par le pape François ces dernières années. La secrétairerie d’État et l’ex-congrégation pour l’Évangélisation des peuples ont ainsi perdu leur autonomie de gestion. La même philosophie semble avoir présidé vis-à-vis de la Caritas.
La spécificité de Caritas

Le pape François s'est adressé ce jeudi 11 mai aux participants de Caritas internationalis réunis dans la salle Clémentine du Palais apostolique. «À l’origine de toute notre activité caritative et sociale se trouve le Christ»: le Pape François souligne ce qui est à l’origine de la création de Caritas Internationalis par Pie XII, au lendemain des «horreurs» et des «dévastations» de la Seconde guerre mondiale.
Ce qui distingue Caritas des autres ONG, «c’est sa vocation ecclésiale et ce qui spécifie au sein de l’Église son service par rapport aux nombreuses institutions et associations ecclésiales dédiées à la charité, c’est sa tâche d’assister et d’aider les évêques dans l’exercice de la charité pastorale, en communion avec le Siège Apostolique et en harmonie avec le Magistère de l’Église», explicite le Pape.
Un chrétien vit-il de la charité, se demande François. Rien de plus simple: «Regarde alors s’il est prêt à aider volontiers, le sourire aux lèvres, sans rouspéter et sans se mettre en colère», sans oublier la patience, car «la charité est patiente». Il faut aussi «sortir de l’autoréférentialité», qui ne signifie pas seulement «contenir la tyrannie de l’égocentrisme» mais «laisser émerger les qualités et les charismes d’autrui».
«Vivre la charité, poursuit le Pape, signifie être magnanime, bienveillant, reconnaître que pour travailler ensemble de manière constructive nous devons d’abord donner de l’espace à l’autre». C’est aussi ne pas être jaloux, ne pas se vanter, ne pas chercher son intérêt mais s’efforcer de «promouvoir le bien d’autrui», ne pas tenir compte du mal reçu, de pas succomber aux ragots. C’est enfin savoir «distinguer le péché du pécheur afin que l’un soit condamné et l’autre sauvé».
(avec Cath.ch et Vatican News)
Photos: Vatican News

