Par la présence d'un cardinal catholique, et les bénédictions données par les représentants de différentes religions, la célébration dans l'abbaye de Westminster ce samedi 6 mai a été voulue plus œcuménique que le couronnement précédent. Entre les deux, le concile Vatican II a permis quelques avancées.

Le couronnement du roi Charles III a montré aux spectateurs du monde entier, l'avancée des relations entre l'Eglise anglicane et les autres Eglises chrétiennes. C'est là, semble-t-il, une des marques de fabrique du nouveau roi britannique, peut-être hérité de l'investissement de son père, le prince Philip, en faveur du dialogue interreligieux.

©CC BY 2.0 Bibliothèque et Archives Canada, K-0000045
La place des catholiques, notamment, était remarquable par deux signes qui distinguaient ce couronnement de celui de la reine Elisabeth II, en 1953. Il s'agit d'abord de la présence du cardinal Pietro Parolin, comme représentant du Saint-Siège à cette cérémonie. C'est, selon Vatican News, "la première fois depuis 1553 qu'un représentant du Pape [assistait] au couronnement dans l'abbaye de Westminster". Le groupe de presse du Vatican poursuit: "le précédent sacre, celui d’Elizabeth II le 2 juin 1953 a eu lieu avant le Concile Vatican II. Cela signifiait que le représentant du pape Pie XII en Grande-Bretagne devait suivre la cérémonie depuis une tribune spécialement construite à l'extérieur de la cathédrale catholique de Westminster -l'Eglise mère catholique- située à 400 mètres de l'abbaye."
Samedi 6 mai, c'est aussi la première fois qu'un évêque catholique bénissait le nouveau monarque. Le cardinal Vincent Nichols, archevêque de Westminster, a prononcé cette prière sur le roi Charles III: "Que Dieu répande sur vous les richesses de sa grâce, qu’il vous garde dans sa sainte crainte, qu’il vous prépare à une heureuse éternité et qu’il vous reçoive enfin dans sa gloire immortelle". En amont de ce couronnement, l'Eglise catholique de Grande Bretagne avait invité les fidèles à prier "afin que [notre Père céleste] les soutienne dans leurs fonctions tout au long de l'année."
Charles III s'est engagé, comme c'est prévu dans le cérémoniaire: "Fais que je sois une bénédiction pour tous tes enfants, de toute foi et de toute conviction, [afin que nous] soyons conduits sur les chemins de la paix."

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Au nom du Roi des Rois…
Un autre détail est révélé par le site d'informations du Vatican. On sait que le Saint Chrême posé sur les mains et la tête du nouveau roi est composé des mêmes ingrédients que celui utilisé lors du couronnement de sa mère en 1953. Vatican News révèle que cette huile a été solennellement bénie le vendredi 3 mars dernier lors d’une cérémonie spéciale, en l’Eglise du Saint-Sépulcre, dans la Vieille ville de Jérusalem, par le patriarche grec orthodoxe Théophile III et l'archevêque anglican de Jérusalem, Hosam Naoum.
Tous les téléspectateurs auront pu garder leurs propres souvenirs de la liturgie pendant laquelle Charles III et Camilla ont été bénis dans l'abbaye de Westminster. Citons ce moment de la célébration, que l'abbé Benoît Lobet, doyen de la cathédrale de Bruxelles, retient comme exemple de l'aspect religieux de cette cérémonie: "lorsque le petit garçon venu du Chœur de la Cathédrale accueille le Roi, il le fait 'au nom du Roi des Rois', et reçoit comme réponse : 'Je suis venu au nom du Roi des Rois non pas pour être servi mais, comme lui, pour servir.'"
AF de Beaudrap
La minute du Docteur H
Il y a quelques mois, notre spécialiste répondait déjà à la question: « Le roi Charles III sera-t-il le chef de l’Eglise d’Angleterre? » A revoir ⤵

