Dimanche 16 avril, sera le premier dimanche après Pâques. L'Eglise célèbre à cette date le dimanche de la miséricorde, une institution depuis les années 2000 voulue par le pape Jean-Paul II. Cette journée, parfois précédée d'une neuvaine, permet de se laisser contaminer par le coeur de Dieu.

A l’origine de la fête de la miséricorde divine, une religieuse polonaise, Sœur Faustine Kowalska (1905-1938). Cette religieuse de la congrégation des Sœurs de Notre-Dame de la miséricorde à Varsovie, qui remplit des tâches toutes simples au sein du couvent, est en fait une authentique mystique. Depuis l’âge de 19 ans, le Christ lui apparaît et lui transmet des messages, qu’elle met par écrit.
Elle note celui-ci: "Je désire que la fête de la Miséricorde soit le recours et le refuge pour toutes les âmes, et surtout pour les pauvres pécheurs." Jésus qui dicte ce message à Soeur Faustine, précise encore: "En ce jour les entrailles de ma miséricorde sont ouvertes, je déverse tout un océan de grâces sur les âmes qui s’approcheront de la source de ma miséricorde; toute âme qui se confessera et communiera recevra le pardon complet de ses fautes et la remise de leur punition; en ce jour sont ouvertes toutes les sources divines par lesquelles s’écoulent les grâces".
Retrouvez les explications théologiques et historiques de cette fête dans l'article "Dieu le miséricordieux" signé Christophe Herinckx
Questions de vocabulaire
Le mot même de miséricorde mérite quelques éclairages. Le dictionnaire le définit comme une sensibilité au malheur d'autrui. Une religieuse très investie dans des actions de charité l'avait traduit à sa manière: "c'est comme une corde qui nous relie à la misère de notre prochain". Pour l'Eglise, ce mot miséricorde fait aussi et surtout référence à "l'attribut de Dieu qui explique tout son dessein de salut pour l’humanité", comme l'explique la page de la Conférence des évêques de France.
Les nombreux sites et applications qui accompagnent la prière des croyants proposent depuis Pâques une neuvaine dédiée à la divine miséricorde. Prenons l'exemple d'Hozana. "Pourquoi prier cette neuvaine ? 'Je ne peux punir, même le plus grand pécheur, s'il invoque ma pitié' Tout est résumé dans cette parole de Jésus adressée à Sainte Faustine." Appeler à la pitié du Seigneur, et aussi espérer la guérison de nos blessures sont donc deux points forts de cette fête de la Divine miséricorde.

Une dévotion profonde chez le pape François
A l'occasion de ce deuxième dimanche de Pâques, le Saint Père propose chaque année une méditation sur cette tendresse de Dieu pour nous pauvres pêcheurs. La première année de confinement en 2020, par exemple, le pape soulignait "la découverte que Dieu ne se lasse pas de nous tendre la main pour nous relever de nos chutes". Il veut que nous le voyions, "non pas comme un patron à qui nous devons rendre des comptes, mais comme notre Papa qui nous relève toujours".
Avec lui, relève le Pape François, "nous découvrons que nous sommes comme de très beaux cristaux, fragiles et en même temps précieux. Et si, comme le cristal, nous sommes transparents devant lui, sa lumière, la lumière de la miséricorde, brille en nous, et à travers nous, dans le monde".
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Rendre le monde miséricordieux
Au cœur de la pandémie, François incitait encore chacun à s'investir: "il n’y a ni différences ni frontières entre ceux qui souffrent. Nous sommes tous fragiles, tous égaux, tous précieux. Ce qui est en train de se passer nous secoue intérieurement: c’est le temps de supprimer les inégalités, de remédier à l’injustice qui mine à la racine la santé de l’humanité tout entière !".
En fait cette invitation du pape François était aussi au coeur de l'année jubilaire de la Miséricorde, en 2015-2016. "La Miséricorde, écrivait-il dans sa lettre apostolique Misericordia et Misera, publiée au terme de l’année jubilaire, ne peut être une parenthèse dans la vie de l’Eglise, mais elle en constitue l’existence même, qui rend (…) tangible la vérité profonde de l’Évangile".
Il en est de même pour la divine miséricorde. Elle est célébrée chaque premier dimanche après la fête de Pâques. Mais elle agit tout au long de nos vies. En tant que croyants, nous sommes particulièrement invités à nous laisser imprégner de cette miséricorde divine. Et à l'appliquer dans toutes les activités quotidiennes, que ce soient les rencontres, le travail, la prière...
AF de B. (avec Vatican News, Cath.ch, KTO et Ch. Herinckx)

