Edito – De la culpabilité à la responsabilité


Partager
Edito – De la culpabilité à la responsabilité
Par Vincent Delcorps
Publié le
2 min
© CathoBel

On a parfois considéré que le christianisme était une religion de la culpabilité. Qu’il nous invitait à penser et ressasser nos fautes. Qu’il nous demandait de nous voir petits, limités, pécheurs, encore et toujours pécheurs. Qu’il nous imposait un Dieu immense et dur. Un Dieu accusateur. Un Dieu juge.
Pourquoi donc cette image? Peut-être parce que l’Eglise elle-même l’a parfois cultivée. Au cours de son histoire, elle n’a pas toujours bien compris le message du Christ. Il lui est aussi arrivé de confondre l’annonce de l’Evangile avec le service de son propre pouvoir. Jouer la carte de la culpabilité a pu être pour elle une stratégie. Une manière de faire peur aux gens. De les rendre craintifs. Captifs.

La culpabilité, pour autant, ne vient pas de nulle part. Si on la trouve dans la religion chrétienne, c’est d’abord parce qu’on la trouve dans chacune de nos vies. C’est assez naturellement que ce sentiment peut naître en nous, suite à une blessure ou à une erreur. Au fond, la culpabilité est d’abord un signe d’humanité.

Mais le Christ nous invite à la dépasser. A la reconnaître, certes, mais aussi à aller au-delà. A passer de la culpabilité à la responsabilité. Un cheminement lent mais fondamental. Car si l’homme coupable est un homme assis, l’homme responsable est un homme debout. Et c’est ainsi que Dieu nous attend.
Ce processus individuel peut aussi inspirer des démarches collectives. Et colorer notre regard sur l’actualité. Il y a quelques semaines, la "commission spéciale Passé colonial" a terminé ses travaux sur un constat d’échec. Un triste gâchis qui s’explique notamment par les désaccords concernant l’éventuelle expression d’excuses. Coupables? Oui, des Belges l’ont été, nombreux, et pendant de longues années. Si la guerre dure dans ce pays depuis plus de six décennies, notre pays y est pour quelque chose. Mais aujourd’hui, le défi est ailleurs: nous devons nous montrer responsables. Les Congolais n’attendent pas d’abord de la honte ou des excuses. Avant toute autre chose, ils aspirent à la paix et à la fin de la misère.

Dans moins de deux semaines, le pape François atterrira à Kinshasa. Ce beau signe d’espoir nous offrira aussi l’occasion de nous demander, individuellement et collectivement, ce que nous pouvons faire pour les habitants du Congo. Pour que là aussi, les hommes et les femmes puissent
être debout.

Vincent DELCORPS

Catégorie : Opinions

Dans la même catégorie