Le choix du roi, titre choisi par le père Philippe Robert pour illustrer le récit de l'évangile de ce dimanche. Retrouvons-le pour le partage de ses réflexions...
Quelle lecture, vraiment, que ce récit pour évoquer un roi… La colline du Golgotha, lieu de supplice, terre de malédiction: un décor royal? Une foule et des soldats qui se moquent de lui; deux bandits de grand chemin condamnés à mort: la cour d’un roi? Pourtant, dans ce décor, pour ces gens, le titre de roi est inscrit sur une pancarte très officielle. Pourtant, des mots liés au pouvoir des rois sont prononcés, par quelqu’un - il est bien le seul… - pour qui la royauté de Jésus ne fait pas de doute: "Souviens-toi de moi quand tu viendras inaugurer ton Royaume." Et surtout, alors qu’il devrait être contraint au silence par la souffrance et les moqueries, voici que le Crucifié prend la parole. Et là, ce qu’il dit - pas de doute possible - est une parole de roi, tranchante, solennelle, décisive. La parole de quelqu’un qui a l’autorité royale pour décider ce qui va se faire, qui va le faire, quand et où: "Amen, je te le déclare: aujourd’hui, avec moi, tu seras dans le Paradis." C’est avec ces quelques mots que Luc veut suggérer que Jésus est roi jusque sur la croix. Et quel roi! Un roi qui dispose du destin des hommes, qui est maître de l’au-delà… Seul le roi du monde, le Roi des Rois peut parler comme il ose le faire. seul Dieu peut parler ainsi…
Pour nous qui le lisons, ce récit n’est pas, bien sûr, une démonstration de la Royauté divine de Jésus, mais il nous est transmis pour nous inviter à la proclamer. Mesurons bien ce qu’il nous apprend de ce roi, et vérifions s’il nous attire vers lui: Ce roi n’est pas à l’abri de la souffrance, ni de la mort - sa couronne d’épines en est la preuve. Ce roi s’expose au mépris de ce qu’on appelle les "gens bien". Ce roi partage la condition de personnes peu recommandables. Et voici le plus choquant peut-être: Ce roi choisit souverainement de prendre avec lui, d’associer à sa condition royale, le plus misérable de ceux que les "gens bien" rejettent: "Tu seras avec moi."
Choisirai-je un tel roi? Est-ce qu’il me séduit? Est-ce que son genre de vie m’attire? (Oui, ce genre de vie, car Jésus a une mort – par amour - en harmonie avec sa vie entière) Voilà ce qui nous est proposé en ce jour de fête du Christ Roi: Découvrir quel est ce roi, pour décider ou confirmer que c’est bien lui que nous voulons suivre.
Les tribus d’Israël ont choisi David en connaissance de cause. Ils l’avaient vu manifester son courage, sa fidélité, son audace. Et moi, qu’ai-je découvert de ce Jésus pour désirer qu’il soit mon roi, pour que je choisisse, librement, de le suivre partout? Pour vouloir partager ses peines, ses épreuves, afin de pouvoir partager sa gloire? Cette question, c’est chaque jour que nous avons à nous la poser, aux heures paisibles de silence et de paix, aux heures douloureuses, aux heures mortelles, comme celle qui a permis au bon larron de faire son choix, lui. Que la nouvelle année liturgique qui s’ouvrira bientôt nous éclaire, jour après jour, en Eglise, pour le choix de notre roi!
Père Philippe ROBERT

