En ces temps de tensions internationales accrues, l’ambassadeur honoraire de Belgique Thomas Antoine réfléchit à la construction de la paix au fil de l’histoire, et plus particulièrement par le biais de la constitution de l’Union européenne. Il en profite pour lancer également un appel collectif à la vigilance.

Naguère ambassadeur en Tunisie, Argentine, Uruguay et Paraguay, au Grand-Duché de Luxembourg, Thomas Antoine a aussi été secrétaire général du Benelux. Philosophe de formation, il vient d’animer un cycle de trois conférences portant sur la construction de la paix durable, à l’initiative du Centre universitaire Notre-Dame de la Paix et de l’Institut Esphin de l’Université de Namur.
De ses nombreux contacts à l’étranger, le diplomate retient avant tout la "grande fraternité humaine". En effet, "les langues et les coutumes sont différentes, mais ce sont toujours les mêmes soucis et la même angoisse existentielle!", constate Thomas Antoine, convaincu que "l’identité donne du relief, elle ne sépare pas."
Pourquoi vous être lancé dans une carrière diplomatique?
J’étais parti vers l’enseignement. Mes études de philosophie répondaient à un besoin de bien poser les questions. D’un naturel curieux, je me rendais compte que celles-ci étaient souvent mal posées. Dans la diplomatie, vous avez la singularité de chaque culture et l’universalité du concert des nations. Je crois vraiment dans la famille humaine et trouve passionnant d’éviter les grands amalgames, l’embrigadement, la tentation nationaliste, avec l’idée d’une standardisation du monde. Si on se lance dans la diplomatie avec autre chose qu’une ambition personnelle, c’est de servir le bien commun et la paix. Celle-ci correspond à une anthropologie, une certaine vision de l’homme, et peut se reposer sur des manières différentes de penser. Il y en a qui sont fécondes et la paix doit donner la vie. Pour moi, l’homme de paix par excellence, c’est le Christ. Mais la paix ne se fera pas sans justice, comme le rappelle le psaume 84: ‘justice et paix s’embrassent’. L’anthropologie chrétienne a quelque chose à dire aux politiciens et aux diplomates. Assez exigeante, cette vision de l’homme peut apaiser l’humanité.
Propos recueillis parAngélique TASIAUX
