Elections en Egypte: les Frères musulmans et l’armée au coude à coude


Partager
Elections en Egypte: les Frères musulmans et l’armée au coude à coude
Manifestations dans le centre du Caire
Par Jean-Jacques Durré
Publié le - Modifié le
2 min

Ce lundi 28 mai, la Commission suprême pour les élections présidentielles en Egypte a confirmé qu’une second tour aurait lieu les 16 et 17 juin prochains, entre le candidat des Frères musulmans, Mohammed Morsi, et l’ancien premier ministre de l’ex-président Moubarak et ancien officier général de l’Armée de l’air, Ahmed Shafiq. Au premier tour, ils ont obtenu respectivement 5.764.952 voix et 5.505.327 votes. Un aspect interpelle toutefois : le fait que le taux de participation à ces premières élections libres depuis l’éviction d’Hosni Moubarak n’ait été que de 46,42%.

Des sources locales depuis le Caire ont indiqué à l’agence vaticane Fides, qu’en définitive « les deux réalités les mieux organisées ont tiré leur épingle du jeu : les Frères musulmans grâce à leurs réseaux sociaux répandus dans toute l’Egypte et les militaires avec la grande bureaucratie étatique ». Certains candidats malheureux au premier tour ont dénoncé des fraudes. De même, la deuxième place obtenue par l’ancien premier ministre Shafiq a déchaîné les protestations du mouvement de la place Tahrir, où les manifestants ont demandé l’annulation des résultats électoraux dans la mesure où la loi électorale en vigueur interdit aux responsables du régime précédent de se porter candidats aux élections présidentielles. Dans la nuit, le quartier général de Shafiq au Caire a été incendié par un certain nombre de manifestants. Selon les sources de Fides, « Shafiq a convoyé sur son nom les voix de la masse du régime précédent : les militaires, les agents de police et leurs familles, les entrepreneurs liés à des commandes publiques, les bureaucrates de l’appareil d’Etat et ainsi de suite, toutes personnes qui luttent pour conserver leurs positions sociales. Il est considéré par ceux qui lui ont accordé leur soutien comme une personne disposant d’une bonne préparation, en mesure de garantir les intérêts économiques consolidés et le pouvoir des militaires ». Et de rappeler que l’armée contrôle une partie importante de l’économie égyptienne.

JJD (avec Fides)

Catégorie : L'actu

Dans la même catégorie