En recevant les 5 nouveaux ambassadeurs non résidents au Saint-Siège, le pape a dressé un état des lieux de la planète. Devant les diplomates d'Ethiopie, Malaisie, Fidji, Irlande et Arménie, venus lui remettre leurs lettres de créance ce vendredi 4 mai, le pape Benoît XVI a appelé à une nouvelle mobilisation pour lutter contre la pauvreté et la misère matérielles, mais aussi contre “la plus grande pauvreté“ que représente “le manque d’amour“. Parmi ces diplomates se trouvait le nouvel ambassadeur irlandais, David Cooney (photo), quelques mois après que Dublin ait fait fermé son ambassade romaine.
Le texte prononcé par le pape contenait plusieurs clés qui orientent l'action diplomatique du Saint-Siège à travers le monde. Le pape a ainsi demandé une nouvelle mobilisation face à la pauvreté et la misère aussi bien matérielles que spirituelles. Benoît XVI a assuré que la fraternité devait faire reculer la misère. Mettant en garde contre l’illusion de la “possibilité illimitée de jouissance et de consommation“, il a alors mis l’accent sur les “sentiments de frustration“ qui sont apparus dans la société, où la “solitude due à l’exclusion a augmenté“.
Benoît XVI a invité les Etats à “considérer les personnes à aider avant le manque à combler“, à favoriser des initiatives telles que le microcrédit ou la création de “partenariats équitables“. Il les a assuré de veiller "à ce que les lois sociales n’accroissent pas les inégalités et permettent à chacun de vivre de façon décente".
Mais le pape a également insisté sur “une autre sorte de misère : celle de la perte de référence à des valeurs spirituelles, à Dieu“. “Ce vide rend plus difficile le discernement du bien et du mal ainsi que le dépassement des intérêts personnels en vue du bien commun“, a-t-il ainsi regretté, pointant du doigt le risque pour “des jeunes en quête d’idéal“ de se réfugier dans des “paradis artificiels“. “Addictions, consumérisme, matérialisme et bien-être ne comblent pas le cœur de l’homme fait pour l’infini, a affirmé Benoît XVI, car la plus grande pauvreté est le manque d’amour“.
Parmi les cinq nouveaux diplomates accrédités auprès du Saint-Siège mais ne résidant pas à Rome se trouvait notamment David Cooney, premier ambassadeur irlandais nommé depuis l’annonce par Dublin, en novembre 2011, de la fermeture de son ambassade, officiellement pour raisons économiques. Le Vatican avait pris acte de cette décision mais cette mesure prise par un Etat catholique, fut perçue à Rome comme un geste de défiance à l'encontre de l'Eglise secouée en Irlande par la crise des abus sexuels. Depuis le départ à la retraite de Noel Fahey, en mai 2011, Dublin ne possédait plus d’ambassadeur auprès du Saint-Siège mais avait promis de nommer rapidement un diplomate de haut niveau, résident en Irlande. C’est chose faite avec la nomination de David Cooney, qui est depuis 2009 secrétaire général du ministère des Affaires étrangères à Dublin.
BL (avec apic et Lcx)


