Le Pakistan est régulièrement le théâtre de violences et de persécutions au nom de la religion. Des voix s’élèvent aujourd’hui de toutes confessions pour appeler à inverser cette tendance.
Des militants chrétiens, hindous, musulmans shiites et sunnites, ainsi que des membres d’autres communautés religieuses font actuellement signer une pétition conte la violence religieuse au Pakistan. Cette action intervient dans le cadre de la campagne "Bloquer l’intolérance et la violence religieuse" lancée par des mouvements et des groupes rassemblés au sein du réseau Citoyens pour la Démocratie.
Comme cela a été indiqué à l’agence Fides, les militants ont récemment fait étape à Karachi, attirant l’attention de l’opinion publique sur la violence à base religieuse. Cette problématique touche, au Pakistan, les minorités, tant chrétiennes qu’hindoues, mais également les communautés musulmanes minoritaires comme les ahmadis (considérés hérétiques) et la communauté shiite. En particulier, au cours de ces derniers mois, plusieurs voix se sont élevées pour dénoncer la tentative de "nettoyage ethnique" visant les chiites, victimes de nombreux attentats terroristes.
L’appel diffusé par le réseau de la société civile et envoyé à l’Agence Fides, demande au gouvernement de prendre des mesures urgentes afin de bloquer "le fanatisme religieux et l’usage politique de la religion, qui minent les fondements de la coexistence civile et pacifique", rappelant les conversions forcées, les attaques contre les églises chrétiennes et les agressions sectaires contre les musulmans chiites. "L’espace pour la libre pratique de la religion et pour un débat public civil se restreint", remarque le réseau des citoyens dans sa campagne. "Il est temps que les Pakistanais s’unissent et fassent entendre leur voix collectivement à l’encontre de cette tendance avant qu’il ne soit trop tard".
Un représentant de la Croix-Rouge exécuté au Pakistan
Ces derniers jours, l’actualité a été une nouvelle fois marquée par la violence sans nom dont a été victime un médecin qui œuvrait au Pakistan pour le comité international de la Croix-Rouge. Khalil Rasjed Dale, 60 ans, a été retrouvé décapité des alentours de Quetta dans le sud-ouest du Pakistan. Ce médecin britannique avait été enlevé en janvier dernier par un groupe d’hommes armés, non loin de son lieu de résidence. L’enlèvement et l’assassinat ont été revendiqués par un mouvement taliban via une note laissée sur le cadavre.
Croire au dialogue
Le Père Bonnie Mendez, ancien directeur pour l’Asie de Caritas Internationalis, livre à Fides le commentaire suivant: "La société du Pakistan lutte actuellement pour trouver son chemin. Il existe de nombreux groupes islamiques radicaux qui, même s’ils sont de dimensions réduites, ont un impact, manipulent les personnes et influencent également la sphère politique. Notre défi en tant que chrétiens est de croire au dialogue, de continuer à dialoguer et à collaborer avec les musulmans modérés et avec tous les hommes de bonne volonté afin de bloquer la violence. Aujourd’hui, la société civile est plus faible par rapport à ce qu’elle était voici quelques années parce que les menaces des fondamentalistes s’accroissent et que nombreux sont ceux qui choisissent d’émigrer. Des responsables tels que Shahbaz Bhatti, Salman Taseer et d’autres intellectuels musulmans ont été tués. C’est pourquoi la société civile a besoin de se renforcer. L’espérance vient des citoyens ordinaires, qui ne veulent ni haine, ni intolérance, ni conflit".
(apic/fides/mvl)


