Chrétiens en danger dans le nord du Mali


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Chrétiens en danger dans le nord du Mali
Par Pierre Granier
Journaliste de CathoBel
Publié le - Modifié le
3 min

Le nouveau chef d'Etat ad interim du Mali a pris ses fonctions hier. Il a menacé d'une "guerre totale et implacable" les rebelles touareg et les groupes islamistes armés qui occupent le nord du pays où les chrétiens courent de graves dangers.

 

L'ancien président de l'Assemblée nationale du Mali, Dioncounda Traoré, a été investi jeudi 12 avril comme président intérimaire au Mali. Sur la base des accords stipulés le 22 mars par la junte putschiste et la CEDEAO (la Communauté économique des Etats d'Afrique occidentale qui avait durement condamné le coup d'Etat), Traoré dirigera le pays au cours des 40 prochains jours, au terme desquels seront créés de nouveaux organes afin de poursuivre la phase de transition au cours de laquelle seront préparées de nouvelles élections et sera tentée la reprise en main du nord du Mali.
Le nouveau président a d'emblée menacé d'une "guerre totale et implacable" les rebelles touareg et les groupes islamistes armés qui occupent tout le nord du pays où la crise s'aggrave. Des ministres ouest-africains se sont d'ailleurs retrouvés jeudi à Abidjan pour envisager l'envoi d'une force militaire régionale.
"J'ai conscience d'être président d'un pays en guerre", a déclaré Dioncounda Traoré dans son discours au cours duquel il a appelé les groupes armés à "rentrer dans les rangs", à "arrêter toutes ces exactions, ces pillages, ces viols", et à quitter "pacifiquement les cités qu'ils ont occupées".

Les chrétiens se cachent

De son côté, le Père Edmond Dembele a déclaré à l'agence Fides que les chrétiens se sentaient en danger. "Ils ont peur et se cachent. A Gao, l'église a été détruite tout comme différents autres biens appartenant à la communauté ecclésiale locale", a précisé le porte-parole de la Conférence épiscopale du Mali qui ajoute que la situation humanitaire se fait toujours plus grave du fait que la population ressent le manque de nourriture.
"Il semble que les mouvements islamistes prennent le dessus sur le MNLA (Mouvement qui lutte pour l'indépendance de l'Azawad, région située au nord du pays) au plan militaire. Les islamistes contrôlent Tombouctou et Kidal alors que Gao est contrôlée en partie par eux et en partie par les hommes du MNLA", indique le Père Dembele.
Au nombre des mouvements islamistes qui sont présents militairement dans le nord se trouve Ansar al Din. "Il existe cependant une association qui porte le même nom et est présente dans le sud du Mali. Il s'agit d'une association très ouverte et tolérante dont le Président a lu à la télévision un communiqué dans lequel il a précisé que son organisation n'a rien à voir avec l'Ansar al Din qui est actif dans le nord et qu'à la différence de ce mouvement, son association est contraire à l'application de la charia au Mali parce que le Mali est un pays laïc", indique encore le Père Dembele.
Se profile désormais le danger de voir indépendantistes et islamistes s'affronter pour le contrôle du territoire arraché à l'armée régulière. Ainsi que l'explique le Père Dembele en effet, "les deux mouvements rebelles qui ont conquis le nord du Mali n'ont pas le même objectif. Le MNLA désire l'indépendance de la région alors qu'Ansar al Din veut imposer la charia à tout le pays. Ils ont lutté ensemble contre l'armée malienne mais, maintenant qu'ils n'ont plus d'ennemi commun, on craint que les indépendantistes et les islamistes ne s'affrontent pour le contrôle du territoire."

P.G. (avec Fides)

Catégorie : L'actu

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