Le Mali s’enfonce chaque jour davantage dans la guerre civile. La junte militaire qui a pris le pouvoir appelle à l’aide, mais compte tenu de la situation, la communauté internationale reste prudente. Sur place, la situation semble catastrophique et des chrétiens de Gao ont été menacés par des islamistes, qui ont détruit une église. Ces islamistes ont aussi attaqué le consulat d’Algérie et enlevé sept personnes.
Sous le prétexte de combattre la rébellion touareg dans le nord du pays, associée à des groupes islamistes armés, un groupe de militaires a renversé le président malien Amadou Toumani Touré, il y a deux semaines. Mais aujourd’hui, la junte appelle à son tour à l’aide, alors que les rebelles sont entrés dans Tombouctou et contrôle le nord du pays. De son côté, le Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA), importante composante de la rébellion touareg malienne, a proclamé vendredi l'indépendance de l'Azawad, et annoncé officiellement la fin de ses opérations militaires. L'Azawad est une région considérée comme le berceau naturel des Touareg. Par cette déclaration, le MNLA s’est désolidarise des islamistes d'Ansar Dine, dirigés par le chef touareg Iyad Ag Ghaly, et des éléments d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi).
Gao : diplomates enlevés et chrétiens menacés
Dans la ville de Gao, sur le fleuve Niger, au nord-est du pays, des hommes armés s’en sont pris à différents bâtiments catholiques. Selon un témoin anonyme contacté par Radio Vatican, la ville a été le théâtre chaotique de scènes de violences et de pillages, dont a été spécifiquement victime la petite communauté chrétienne locale. L’église paroissiale, comme nombre d’édifices et bâtiments publics, a été saccagée et les quelques chrétiens qui s’y trouvaient, physiquement menacés, ont été contraints à la fuite. « Nous avons réussi à fuir la ville après avoir appris que certains groupes rebelles islamistes cherchaient à tuer les prêtres et les religieux », a affirmé le P. Jean-Jacques, directeur de Caritas à Gao à l’agence Fides. Le prêtre a été prévenu que la mission et l’église de Gao ont été détruites. « Nous avons également reçu des appels de chrétiens restés à Gao qui nous disent qu’ils se cachent et craignent pour leur vie ». Quelque 200 chrétiens seraient toujours dans la ville.
Par ailleurs, le consulat d'Algérie a été occupé par des islamistes armés qui contrôlent la ville et y ont hissé le drapeau salafiste noir. Alger a confirmé qu'un groupe d'assaillants non-identifiés ont emmené le consul et six de ses collaborateurs vers une destination inconnue. Le porte-parole du MNLA a condamné cet enlèvement, affirmant avoir voulu protéger le consulat avant de se retirer face à l’ampleur de l’attaque.
Enfin, selon le P. Théodore Togo, secrétaire général de Caritas Mali, la situation entraînerait un risque grave de famine. Plus de 100.000 personnes seraient déjà touchées par une grave crise alimentaire.
La Croix/Radio Vatican/Fides/Afp/jjd


